Amnesty dénonce le harcèlement d’un journaliste espagnol par le Maroc dans l’affaire Pegasus

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    Ignacio Cembrero

    Amnesty International dénonce le harcèlement du journaliste espagnol Ignacio Cembrero par le Royaume du Maroc. Cembrero, qui a récemment témoigné devant un tribunal de Madrid, est accusé par les autorités marocaines d’avoir prétendu avoir été espionné par le biais du logiciel de surveillance Pegasus, développé par la société israélienne NSO Group.

    Amnesty International qualifie cette nouvelle procédure judiciaire de « harcèlement » de la part du Royaume qui chercherait à « faire taire » le journaliste. Cembrero n’en est pas à sa première attaque de la part des autorités marocaines, déjà en 2014, le bureau du procureur général et la Cour nationale ont déposé une plainte et un procès respectivement contre lui pour « glorification du terrorisme ». Et un an plus tard, un homme d’affaires lié aux services secrets marocains l’a poursuivi pour « atteinte à l’honneur ».

    Amnesty International réclame également une enquête sur l’implication du Maroc dans l’espionnage numérique dont ont été victimes plusieurs journalistes, avocats et membres de la société civile. En effet, l’implication du Maroc dans l’affaire Pegasus a été confirmée en haut lieu, l’Union européenne ayant énuméré les victimes de l’utilisation de ce logiciel espion par le Royaume dans son rapport publié le 8 novembre 2022.

    Pour Amnesty, cette nouvelle attaque contre Ignacio Cembrero n’est pas simplement une atteinte à sa liberté d’expression, mais aussi un avertissement pour tous ceux qui veulent dénoncer les politiques du Maroc. L’ONG exhorte le gouvernement espagnol à encourager le ministère public à mener une enquête indépendante sur l’espionnage dont a été victime le journaliste.

    Le Maroc, qui a récemment fait l’objet d’une résolution du Parlement européen demandant la libération de journalistes incarcérés, doit maintenant faire face aux accusations d’Amnesty International pour harcèlement et persécution de la presse. Pour le directeur d’Amnesty International en Espagne, Esteban Beltrán, le harcèlement et la persécution constante dont fait l’objet Cembrero de la part des autorités marocaines doivent cesser immédiatement. Le Royaume doit respecter la liberté de la presse et permettre aux journalistes de faire leur travail sans crainte de persécution ou de harcèlement.

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