C’est un aveu lourd de sens. Mohamed Saïd Belaïd, l’ancien ministre de la Communication, a reconnu, ce lundi, qu’un simple colonel du DRS dans un département ministériel est plus puissant qu’un ministre de la République nommé par le Chef de l’Etat. 

Dans les colonnes du Temps d’Algérie, Mohamed Saïd Belaïd, qui a dirigé le ministère de la Communication pendant une année en 2013, a reconnu publiquement que le colonel du DRS de son secteur  « n’avait pas besoin de me voir car il avait ses relais partout, y compris dans mon cabinet, et il était mieux informé que moi et parfois, peut-être, avant moi », a-t-il expliqué.

L’ancien ministre a également abordé sa relation avec des officiers du DRS. « Ceci ne constitue un secret pour personne, notamment depuis l’arrêt du processus électoral en janvier 1992 », a-t-il confié, racontant qu’il avait reçu « deux fois le colonel chargé au sein du DRS de la communication : une fois, à ma demande sur conseil du Premier ministre deux mois après mon installation pour approfondir mes connaissances du secteur et une autre fois, quand il m’a présenté son successeur ».

Toutefois, selon Mohamed Saïd Belaïd, la coordination fonctionnait parfaitement entre le ministre et l’officier du DRS. Il cite l’exemple de « l’accréditation de la presse étrangère ». « Je me rappelle d’une seule démarche incidemment entreprise par le colonel du DRS à l’occasion de notre première rencontre. Il m’avait alors sollicité pour autoriser le tirage par l’imprimerie de l’Etat du quotidien privé Mon journal à Constantine. Contacté, le responsable de cette imprimerie m’a informé du non-paiement par le directeur de cet organe d’anciennes factures. J’ai alors classé cette demande et le journal n’a pas été tiré », témoigne enfin l’ancien ministre de la Communication qui fut aussi candidat à l’élection présidentielle de 2009.

Article précédentLe monde arabo-musulman publie aussi des caricatures offensantes
Article suivantOMS / la pandémie de Covid-19 aura un impact « à long terme” sur la santé mentale