«Je ne veux pas être un ¾ de président». La célèbre tirade prononcée par Abdelaziz Bouteflika au début de son premier mandat comme Président de la République aurait trouvé une concrétisation sur le terrain dès 2004. Abdelaziz Bouteflika aurait donc réussi à «neutraliser l’armée» qui a longtemps monopolisé le Pouvoir décisionnaire en Algérie.

C’est le constat que vient de dresser l’ancien président du Conseil Constitutionnel, Saïd Bouchaïr, dans un livre intitulé Le système politique en Algérie. Le professeur de droit, limogé de son poste de Conseiller à la présidence de la République en 2007 après avoir dénoncé une fraude électorale, reconnait dans son livre qui sera publié prochainement, mais dont des extraits ont été rapportés par El Khabar, que Abdelaziz Bouteflika a réussi à «neutraliser l’armée conventionnelle» dès l’entame de son deuxième mandat en 2004. L’actuel chef de l’Etat a même réussi à «asseoir son autorité sur la décision sécuritaire». Cependant, reconnait encore le président du Conseil Constitutionnel (1995 – 2002), les services de renseignements, à savoir «le DRS a échappé» au contrôle présidentiel.

Abdelaziz Bouteflika s’est vu dans l’obligation de composer avec cet appareil sécuritaire dans bien des cas. Bouchaïr recommande, d’ailleurs, de mettre les responsables du DRS «sous contrôle» comme les autres responsables politiques. Le livre de Saïd Bouchaïr, qui a occupé auparavant de grands postes à responsabilité dans les appareils de l’Etat, révèle également que les principaux responsables «éradicateurs» de l’armée n’étaient pas d’accord avec la politique de réconciliation nationale prônée par Abdelaziz Bouteflika. C’est dire que le Pouvoir politique en Algérie n’est guère homogène et se distingue par une forte composition clanique.

Essaïd Wakli

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