La volonté de Paris de s’impliquer davantage dans le Sahel se confirme et prend des proportions qui peuvent inquiéter sérieusement l’Algérie. Selon des informations obtenues par «Algérie-Focus.Com» auprès de sources sécuritaires, la France s’est «déployée militairement de façon consistante ces dernières semaines dans la région», arguant se préparer à «tous les scénarios possibles» pour la libération des 5 otages français détenus par l’Aqmi.

«La France adopte un triple langage. D’un côté, Paris se dit engagée dans la lutte anti-terroriste et prétend condamner le paiement de rançon en donnant la leçon aux espagnols, d’un autre, les Français distillent des messages rassurant à destination des terroriste de l’Aqmi, leur signifiant qu’ils sont prêts à négocier. Enfin, la France n’exclut pas la possibilité d’une intervention militaire», nous déclare notre source. «A l’heure où je vous parle, les Français ont dépêché plusieurs Breguet Atlantic qui survolent tout le Sahel, des dizaines de militaires sont prêts à agir en Mauritanie, au Mali et au Niger et des Commandos des forces spéciales sont stationnés au Burkina Faso», précise notre source.

Une présence forte avec laquelle Alger doit composer à présent. «Pour nous, la présence militaire de la France dans la Région est totalement contreproductive. Elle ne sert à rien sauf à provoquer les terroristes d’Aqmi et à renforcer le sentiment anti-occident», poursuit notre source. Un argument qui ne convainc pas la France qui cherche plutôt à sécuriser ses approvisionnements en uranium, en déployant une force militaire dans la région, sans doute aussi pour réaffirmer sa présence dans une partie du monde qui autrefois était sa chasse gardée et sur laquelle son influence faiblit au fur et meure de la percée chinoise en Afrique et surtout l’implantation des forces américaines dans la région notamment en Algérie.

Situation exacerbée

Depuis quelques mois, la situation sécuritaire s’est dégradée sérieusement dans la région et les tensions ont monté entre les pays du Sahel et ce, malgré les réunions des Armées et des Services de Renseignements tenues récemment à Tamanrasset.

Les Algériens reprochent aux Maliens et aux Mauritaniens de vouloir associer la Libye, le Maroc et le Tchad à ces réunions. Une idée qui n’est pas du goût de l’Algerie qui considère que ces pays ne sont pas concernés par les problèmes du Sahel. La tolérance du Mali et de la Mauritanie envers la présence militaire des Français irrite aussi Alger qui y voit une menace pour sa souveraineté.

Alger considère, également, cette zone comme une arrière-cour dans laquelle la France n’a aucun droit de regard. De son côté, Paris estime que les pays de la Région ne collaborent pas assez pour mettre hors d’état de nuire l’Aqmi.

Un risque qui inquiète la France d’autant plus que ce groupe est présent dans une région stratégique pour l’industrie minière et nucléaire française. Aqmi menacerait aussi de s’attaquer à la France sur son territoire à en croire les informations transmises récemment par les services secrets algériens à leur homologues français. Le feuilleton du Sahel n’en est qu’à ses débuts.

Khalil Mehdi