Dans un entretien avec le Nouvel Observateur, Lydia Aït Saadi-Bouras, chercheuse à l’ERASME de Paris 8, donne sa vision sur l’enseignement de la guerre d’indépendance en Algérie.

En France et en Algérie, on enseigne différemment la guerre d’Algérie. En France, c’est une séquence parmi tant d’autre tandis qu’en Algérie, elle constitue le tronc central en histoire. En effet c’est dès l’âge de huit ans que les algériens apprennent l’histoire de la guerre d’indépendance.

Depuis les années 90, l’enseignement a bien évolué. Les martyrs ne sont plus le seul sujet qu’ils étudieront  désormais ils pourront voir les grandes figures comme Ben Bella, Aït Ahmed ou encore Farhat Abbas en les présentant comme les « pères de la révolution ».

Lorsqu’il s’agit de parler de l’histoire algérienne vu par la société algérienne, Lydia Aït Saadi-Bouras explique à propos de cette dernière qu’elle a « suivi un processus de reconstruction à la fois mémorielle et historienne et est entrée dans une phase de résilience par rapport à cette séquence de l’histoire nationale, où finalement elle se dit que peu importe la version officielle de ce passé, il faut s’en saisir et l’écrire parce qu’il s’agit encore d’un terrain vierge ».

Des censures des deux côtés de la Méditerranée 

De nombreuses personnes ont un droit de regard sur les manuels scolaires, tel que les Moudjahidines, parfois ce regard peut aller jusqu’à la censure de la part des comités de rédaction.  En France, il y avait autrefois la loi Mékachera, qui selon son article 4, enjoignait  les enseignants à rappeler « le rôle positif de la présence française ». Derrière les enjeux politiques les manuels sont avant tout le « lieu de la consécration de la mémoire et de commémoration ».

S. Viniger

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