la Lutte pour les Droits des Femmes en Algérie : Un Cri d’Espoir

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la Lutte pour les Droits des Femmes en Algérie : Un Cri d'Espoir

Le 25 novembre dernier, en Algérie, une tribune signée par une partie de la société civile a fait surface, adressée aux autorités. Elle réclamait l’implication des associations de défense des droits des femmes dans la mise en œuvre des recommandations acceptées lors de l’examen périodique universel, relatives à la promotion des droits des femmes et à la lutte contre les violences faites aux femmes.

Cet événement a mis en lumière la condition des femmes en Algérie et a suscité un débat crucial au sein de la société. Dans cet article, nous explorerons cette situation en mettant en avant les voix de celles qui luttent pour le changement, notamment Amel Hadjadj, fondatrice et présidente de la Fondation du Journal Féministe Algérien.

La Tribune pour les Droits des Femmes

Plusieurs associations de défense des droits des femmes et des droits humains en Algérie ont publié une tribune lors de la journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes. Intitulée « Violences à l’égard des femmes – Pour une implication effective de la société civile dans la protection des femmes », cette tribune a été portée par des organisations telles que le Réseau Wassila Avif, Djazairouna, Amnesty International Algérie, le Journal Féministe Algérien et Féminicides Algérie. Elle a également été signée par de nombreuses militantes et artistes engagées.

Cette tribune appelait à une réelle participation de la société civile dans la mise en œuvre des engagements internationaux pris par l’Algérie au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU en mars 2023. Elle mettait en avant l’importance de la collaboration entre les associations de défense des droits des femmes et l’État pour lutter contre les violences faites aux femmes et promouvoir l’égalité des sexes.

Les Défis de la Lutte pour les Droits des Femmes

Malgré quelques avancées législatives, telles que l’adoption de la Convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes par l’Algérie en 1996, ainsi que l’amendement constitutionnel de 2020 qui prévoit la protection des femmes contre toutes formes de violences en tous lieux et en toutes circonstances, la réalité sur le terrain reste alarmante pour les femmes en Algérie.

Entre 2021 et 2022, la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) a enregistré 12 616 cas de violences contre les femmes. De plus, le média Féminicides Algérie a recensé plus de 228 féminicides entre 2019 et 2022. Wiame Awres, cofondatrice du média, souligne que ces chiffres sont sous-estimés en raison de la répression des journalistes en Algérie, ce qui entrave la collecte d’informations sur ces crimes odieux.

La Collaboration avec l’État

Malgré plusieurs tentatives de la société civile de collaborer avec l’État pour améliorer la situation, les résultats ont été décevants. En 2020, le collectif « Femmes Algériennes pour un Changement vers l’Égalité » (FACE) a rédigé une lettre ouverte avec des propositions concrètes pour lutter contre les violences faites aux femmes. De même, l’association Djazairiouna a proposé une charte des droits des victimes de violences sexuelles et des modifications du code pénal pour pénaliser davantage ces actes. Cependant, ces initiatives n’ont pas été suivies d’effet.

Les Attentes pour l’Avenir

Lors de son quatrième Examen Périodique Universel (EPU), l’Algérie a accepté 18 recommandations relatives à la protection des droits des femmes et à la lutte contre les violences faites aux femmes. Ces recommandations comprennent la définition juridique du viol, la création de davantage de centres d’accueil pour les femmes victimes de violences, le renforcement des ressources des institutions chargées de faire respecter le cadre législatif, et la formation des agents dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

Les associations de défense des droits des femmes soulignent l’importance cruciale de l’implication de la société civile dans la mise en œuvre de ces recommandations. Elles estiment que les associations, qui sont depuis des décennies sur le terrain et ont identifié les lacunes de la législation et les obstacles à la pleine protection des femmes, doivent être consultées et leurs propositions prises en compte. Cependant, jusqu’à présent, ces appels sont restés sans réponse.

Le Combat de la Société Civile

Amel Hadjadj, fondatrice et présidente de la Fondation du Journal Féministe Algérien, témoigne des difficultés du combat pour les droits des femmes en Algérie. Elle souligne que la société algérienne évite souvent de discuter des droits des femmes et des violences qu’elles subissent. Cette invisibilité des actions féministes dans les médias complique encore davantage la sensibilisation et le changement.

Elle note également que la collaboration avec les institutions et le gouvernement est limitée. Les organisations de la société civile ne peuvent pas agir pleinement sur les violences faites aux femmes sans une coopération étroite avec les forces de l’ordre et la justice. Malheureusement, ces collaborations sont entravées par des obstacles bureaucratiques.

L’Appel à l’Implication de la Société Civile

Hassina Oussedik, directrice d’Amnesty International Algérie, insiste sur le fait que malgré les avancées législatives, la situation des femmes en Algérie reste préoccupante. Elle est convaincue que l’implication de la société civile dans les processus de prise de décision pourrait avoir un impact significatif sur la protection des femmes victimes de violence.

Le combat des féministes en Algérie est un combat de longue haleine, marqué par des défis et des obstacles. Cependant, ces voix persévèrent, appelant à un changement nécessaire pour l’égalité des sexes et la protection des droits des femmes en Algérie. L’avenir réserve peut-être des avancées significatives, à condition que la société civile et l’État travaillent ensemble pour créer un changement durable.

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