17302456-la-militante-sahraouie-aminatou-haidar-se-dit-assignee-a-residenceLa militante indépendantiste sahraouie Aminatou Haïdar se dit assignée à résidence depuis son retour au Sahara occidental après une grève de la faim en Espagne. Elle jure, en dépit de la répression exercée selon elle par le Maroc, de poursuivre son combat pour le respect des droits de l’homme dans ce territoire riche en phosphates annexé par Rabat après la décolonisation espagnole en 1975. Les responsables du gouvernement marocain assurent que ce dernier veille au respect des droits de l’homme, au Sahara occidental comme dans le reste du pays. Ils refusent de commenter davantage le cas d’Aminatou Haïdar depuis son retour à Laayoune, principale ville de l’ancienne possession espagnole. La semaine dernière, cette femme de 43 ans, mère de deux enfants, a mis fin à un mois de grève de la faim qu’elle observait pour protester contre le refus des autorités marocaines de la laisser rentrer chez elle si elle ne déclarait pas sa loyauté envers le roi Mohamed VI. Rabat a finalement autorisé son retour après l’intervention des Etats-Unis, de l’Espagne et de plusieurs autres pays. Haïdar est rentrée dans la nuit de jeudi à vendredi derniers. Le mouvement de protestation d’Aminatou Haïdar a attiré l’attention internationale comme rarement sur le contentieux territorial le plus vieux d’Afrique. « Le siège continue. Je suis assignée à résidence. Les membres de ma famille, les voisins, ont des problèmes pour me rendre visite. Les magasins de mon quartier en souffrent. » « C’est un mauvais signal. Le siège dure depuis une semaine et cela continue », a-t-elle déclaré à Reuters mercredi soir, interrogée par téléphone de Rabat.

« Notre Mandela, Notre Gandhi »

Un journaliste de Reuters s’est rendu à Laayoune pour l’interviewer mais les forces de sécurité déployées autour de son domicile et dans les rues alentour ont bloqué l’accès. D’autres journalistes n’ont pas été autorisés à la rencontrer. « J’ai le courage de ma conviction de continuer à défendre la cause de l’autodétermination du peuple sahraoui. Je ne renoncerai jamais malgré les menaces d’emprisonnement, d’enlèvement, de torture et d’exil », a-t-elle insisté. « Le Maroc réprime la population sahraouie tout en négociant avec le Front Polisario. Rabat mène la politique de la carotte et du bâton. » Le Maroc se dit prêt à reprendre des négociations avec le mouvement indépendantiste sur l’avenir du territoire pour lequel il propose une autonomie. Le Front Polisario, qui réclame l’indépendance, souhaite aussi la reprise de pourparlers mais exige l’arrêt des infractions aux droits de l’homme commises selon lui par les Marocains. Dans ce contexte, Aminatou Haïdar est devenue le « symbole d’une nation » aux yeux des Sahraouis, au Sahara occidental comme dans les camps de réfugiés de Tindouf, dans le Sud-Ouest algérien. « Elle est notre Mandela, notre Gandhi », déclare Gani Minatou en préparant le thé dans son campement de Tindouf. Beaucoup de Sahraouis estiment que sa grève de la faim a redonné un élan à leur cause. « Avant Aminatou, la cause était arrivée dans une impasse. Il n’y avait plus d’espoir de solution. Mais son acte a replacé la question du Sahara occidental en haut de l’agenda international », estime le journaliste sahraoui basé à Tindouf El Bachir El Dhif.

Reuters

Originally posted 2009-12-24 18:25:36.

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