Le président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas a obtenu une large majorité de 138 votes favorables à sa demande de rehaussement du statut de la Palestine.

9 Etats ont voté contre, parmi lesquels Israël, les Etats-Unis, le Canada et la République tchèque, et 41 pays se sont abstenus.

Cette nouvelle stature internationale, qui donne aux Palestiniens accès à des agences de l’ONU et des traités internationaux, constitue une victoire diplomatique majeure.

Dans son discours précédant le vote, M. Abbas s’est dit prêt à négocier avec l’Etat hébreu, le pressant d’envisager la solution des deux Etats. Israël a pour sa part condamné cette initiative, estimant qu’elle « ne fait pas avancer la paix, elle la fait reculer », selon les dires de l’ambassadeur israélien à l’ONU, Ron Prosor.

Au sein de l’administration israélienne, tout est fait pour faire du vote un « non-évènement ». « Ce soir, il y aura certainement des célébrations à Ramallah, mais vendredi matin, il n’y aura aucun changement sur le terrain », a ainsi voulu minimiser un responsable israélien. Cette posture est illustrée par le fait qu’Israël a déjà annoncé qu’aucune sanction ne serait prise contre les Palestiniens en représailles.

Des Israéliens disent « oui »

L’ancien premier ministre israélien Ehud Olmert est le seul homme politique du pays à s’être déclaré favorable au nouveau statut de la Palestine, estimant que cela serait conforme au concept de deux Etats. Sa position semble être partagée par une partie de la presse locale. « Un Etat palestinien reconnu donnera à Israël un partenaire responsable, ayant un soutien international, qui va représenter l’ensemble du peuple palestinien et pourra prendre des décisions en son nom. Il n’y a aucun fondement à la peur d’Israël de la reconnaissance internationale de la Palestine », met en avant le quotidien de centre-gauche Haaretz, en concluant que « la reconnaissance d’un Etat palestinien n’est pas un obstacle à la paix ».

Certains voient également dans le « non » israélien une erreur tactique de la part du gouvernement de Benjamin Netanyahou, qui risquerait d’isoler davantage le pays après l’opération « Piler de Défense » à Gaza et la colonisation continue et illégale en Cisjordanie, et de renforcer les relations de haine entre les deux peuples.

Le journaliste Zvi Barel, toujours dans Haaretz, ne voit que des avantages à la reconnaissance d’un Etat palestinien pour Israël : « Après qu’Israël aurait ravalé sa colère, il réalisera qu’un Etat palestinien officiel, même un Etat que le Hamas aide à gouverner, pourra être un partenaire plus responsable pour gérer le quotidien que deux autorités se combattant l’une l’autre. La paix peut ne pas en résulter, mais la qualité de vie de 5,5 millions de Palestiniens vaut aussi beaucoup. Ils méritent un Etat. »

 

LS