Le PLF 2024 en Algérie : Une Feuille de Route Économique en Temps de Défis

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Le PLF 2024 en Algérie : Une Feuille de Route Économique en Temps de Défis

Dans le huis clos de l’Assemblée populaire nationale (APN), le ministre des Finances, Laaziz Faid, a dévoilé le projet de loi de finances pour l’exercice 2024 en Algérie. Ce document, bien plus qu’une simple présentation budgétaire, est une véritable feuille de route économique dans un contexte international marqué par des pressions inflationnistes. Cet article vous plongera dans les détails de ce PLF 2024, qui prévoit des dépenses considérables et des mesures cruciales pour l’économie algérienne.

Un Contexte International Délicat

Le contexte international joue un rôle majeur dans la conception du PLF 2024. Les pressions inflationnistes qui touchent la plupart des économies mondiales ne sont pas sans conséquences pour l’Algérie. Dans ce contexte, le gouvernement algérien doit faire preuve de flexibilité et d’efficacité pour préserver la stabilité économique.

Sur le plan interne, l’économie algérienne a déjà montré une résilience remarquable face aux chocs successifs. L’augmentation des prix des matières premières a été atténuée par des mesures telles que la révision du barème de l’impôt sur le revenu global (IRG), l’augmentation des salaires des fonctionnaires, la création et la réévaluation de l’allocation chômage, ainsi que l’augmentation des pensions de retraite.

Les Chiffres Clés du PLF 2024

Le PLF 2024 prévoit des dépenses colossales de plus de 15.275 milliards de dinars algériens (DA), dont 18 % sont alloués à l’investissement public. Du côté des recettes, le gouvernement s’attend à enregistrer 9.105,3 milliards de DA, dont 3.512,3 milliards de DA proviennent de la fiscalité pétrolière.

Les dépenses prévues en 2024 sont réparties en plusieurs catégories. Les dépenses liées au personnel s’élèvent à 5.155,67 milliards de DA, tandis que les dépenses de gestion des services atteignent 632,87 milliards de DA. Le budget prévoit également des dépenses d’investissement de 2.894,58 milliards de DA en autorisation d’engagement et 2.809,36 milliards de DA en crédits de paiement.

Le nouveau programme d’investissement public pour 2024 prévoit une enveloppe budgétaire estimée à 2.405,33 milliards de DA en autorisation d’engagement et 1.356,57 milliards de DA en crédits de paiement. Par ailleurs, les affectations pour la réévaluation des opérations en cours de réalisation s’élèvent à 489,25 milliards de DA en autorisation d’engagement et 396,82 milliards de DA en crédits de paiement.

Le PLF 2024 table sur une croissance économique de 4,2 %, avec un prix référentiel du baril de pétrole fixé à 60 dollars pour la période 2024-2026, et un prix estimatif de 70 dollars pour le baril de pétrole brut.

Le Commerce Extérieur en Vue

Les exportations de biens devraient atteindre 49,8 milliards de dollars américains en 2024, tandis que les importations augmenteront de 7,1 % par rapport aux prévisions de clôture de 2023, atteignant 43,5 milliards de dollars américains. Cette dynamique se traduira par un excédent de la balance commerciale entre 2024 et 2026, estimé à 6,3 milliards de dollars américains en 2024, puis à 2,9 milliards et 4,2 milliards de dollars américains en 2025 et 2026, respectivement.

Les Mesures Législatives pour Soutenir l’Économie

Le PLF 2024 comprend également plusieurs mesures législatives visant à préserver le pouvoir d’achat des citoyens, à soutenir l’investissement et à faciliter la numérisation des procédures fiscales. Il prévoit notamment la suppression de la Taxe sur l’activité professionnelle, conformément aux instructions du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, ainsi que des incitations fiscales pour certaines activités.

La commission des finances et du budget a souligné l’importance d’introduire des amendements dans certains articles du projet, tout en proposant de nouvelles mesures pour renforcer les recettes des collectivités locales, encourager la production nationale, numériser et développer les banques. Elle recommande également un système d’information plus crédible, une meilleure coordination entre les différents secteurs en matière de gestion des finances publiques, et une mise à jour du système comptable pour estimer les coûts de chaque programme.

Enfin, la commission insiste sur la nécessité d’élargir l’assiette fiscale, de maîtriser les dépenses publiques, et de mobiliser les ressources pour répondre aux besoins socioéconomiques qui ne peuvent pas être pris en charge dans le cadre des enveloppes prévues.

Un Avenir Économique à Planifier avec Sagesse

Le PLF 2024 en Algérie est bien plus qu’un simple document budgétaire. C’est une feuille de route économique élaborée dans un contexte international complexe. Les défis de l’inflation et des fluctuations des prix des matières premières exigent une gestion prudente et efficace des ressources.

Ce projet budgétaire met en avant la nécessité de préserver le pouvoir d’achat des citoyens tout en soutenant l’investissement et la numérisation des procédures fiscales. Les mesures législatives proposées visent à renforcer l’économie nationale et à encourager la production locale.

L’Algérie se doit d’anticiper et de s’adapter aux réalités économiques mondiales tout en répondant aux besoins de sa population. Le PLF 2024 offre une perspective de cet avenir économique et rappelle l’importance de la planification financière pour garantir la stabilité et la prospérité du pays.

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