Louisa Hanoune hausse le ton. Une fois n’est pas coutume, et après des années passées à louer le pouvoir et ses plans mis en œuvre pour diriger le pays, la secrétaire générale du Parti des Travailleurs (PT) sort enfin de sa torpeur pour appeler « une rupture totale » avec le parti unique et ses survivances institutionnelles !

Dans cette optique, elle a plaidé samedi lors d’un meeting à Béjaïa pour la mise en place d’un « système parlementaire », seule à même, « de consacrer la souveraineté populaire ».

« Nous sommes à une période charnière. Ou on prend rendez-vous avec l’histoire et aller vers la rupture, ou on le rate, et de ce fait, on favorisera le saut dans l’inconnu », a-t-elle affirmé, estimant qu’au demeurant la démarche ne vise rien de moins qu’à « renouer avec la Révolution de l’indépendance et son message historique ». Expliquant son projet, Mme Hanoune, est longuement revenu sur sa revendication de base, à savoir, l’impératif d’élire une « assemblée constituante », pour donner au pays les moyens « d’effectuer un bond qualitatif », et d’opérer des « réformes souveraines, légitimes, et soutenu par le peuple ».

Toutefois, pour Louisa Hanoune, les « révolutions arabes » sont fondamentalement « encouragées par les tenants du capitalisme international, qui exploitent opportunément, leur influence sur certains régimes, est édifiant », a-t-elle expliqué. « Ce sont des révolutions fabriquées et instrumentalisées », a-t-elle martelé. « La situation de l’Algérie est différente », a-t-elle tranché, expliquant que « le pays n’est pas en crise économique, il n’a pas de dettes extérieures et il a gelé son accord d’association avec l’Union Européenne. Il est à l’abri des pressions ». Selon sa vision des choses, les mouvements de contestation observés « répondent aux faveurs d’un contexte, celui du renversement des priorités nationales, notamment la transition d’une phase «drame national» à celle de la « reconstruction nationale ».

RAF

Originally posted 2011-05-15 11:39:44.