Farouk Ksentini, président de la très officielle Commission nationale pour la promotion et la protection des Droits de l’Homme, dénie aux boycotteurs le droit d’interdire au chef de l’Etat de se représenter pour un quatrième mandat.

Usant de son habituelle langue de bois, l’avocat, qui est exprimé ce matin vendredi 29 février dans le forum du journal DK News, a indiqué que « l’opposition a le droit d’exister, certes, mais il n’y a aucune raison pour qu’elle interdise ou empêche le Président Bouteflika de se présenter à l’élection présidentielle du 17 avril 2014 ». « De quel droit refuse-t-on la candidature du Président Bouteflika à  un 4ème mandat alors que la Constitution le lui permet? » s’est interrogé Me  Ksentini avant de souligner que « nul n’a le droit de s’occuper de la santé  du président plus que son équipe médicale et le Conseil constitutionnel ».

Pour Maitre Ksentini, « il faut laisser les institutions concernées  jouer leur rôle et accomplir leur travail sans devancer les événements », relevant,  par ailleurs, que l’interdiction de sit-in pour protester contre un 4ème mandat «ne représentait pas une atteinte aux libertés, notamment, à Alger qui revêt un statut spécial en termes de rassemblements ».

Les propos de Farouk Ksentini rejoignent, à des détails près, ceux des autorités publiques qui interdisent aux partisans de boycott de faire passer leurs messages. «Nous n’avons pas organisé une campagne pour pousser les gens à voter pour ensuite autoriser ceux qui appellent au boycott à faire passer leurs messages », avait déclaré le Directeur des libertés publiques du ministère de l’intérieur, Mohamed Talbi. Ce dernier n’a fait que répéter l’interdiction exprimée par son ministre, Tayeb belaïz qui avait affirmé, lors de la clôture de la session d’automne du parlement que « l’autorisation de réunion publique ne sera donnée qu’aux candidats et leurs représentants ».

Essaïd Wakli 

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