Réforme des Bureaux de Change en Algérie : Quelles Implications pour les Expatriés et l’Économie Nationale

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Réforme des Bureaux de Change en Algérie : Quelles Implications pour les Expatriés et l'Économie Nationale

L’Algérie s’apprête à franchir une étape cruciale dans la réforme de son secteur financier en ouvrant officiellement des bureaux de change. Alors que l’ouverture de ces établissements était attendue depuis longtemps, un nouveau règlement de la Banque d’Algérie a fixé les conditions d’autorisation, d’agrément et d’exercice de ces bureaux. Cependant, des zones d’ombre persistent dans ce processus de réforme, qui pourrait avoir un impact majeur sur les transferts des expatriés et l’économie nationale.

Les Nouvelles Règles de la Banque d’Algérie : À Quoi S’attendre ?

Le règlement publié récemment dans le Journal officiel de la Banque d’Algérie esquisse les contours de cette réforme tant attendue. Cependant, il n’établit pas encore de limites précises sur les montants des opérations pouvant être effectuées dans ces bureaux de change.

Dans son état actuel, le règlement permettra aux bureaux de change d’effectuer des opérations de change manuel, notamment la vente de devises étrangères contre de la monnaie nationale. Ces opérations concerneront des besoins tels que les allocations de change pour les voyages à l’étranger, les frais de santé à l’étranger, les dépenses liées aux missions professionnelles, ainsi que les coûts liés aux études et aux stages.

Comment Ouvrir un Bureau de Change ?

Le processus d’ouverture d’un bureau de change nécessite une demande d’autorisation auprès du président du Conseil monétaire et bancaire, suivie d’une demande d’agrément auprès du gouverneur de la Banque d’Algérie, dans un délai ne dépassant pas 12 mois après l’obtention de l’autorisation.

Le capital requis pour l’ouverture d’un bureau de change varie en fonction de sa forme juridique. Il devra être entièrement libéré en numéraire dès la création de l’entreprise. Les bureaux de change constitués sous forme de Société par actions (SPA) devront libérer un capital de 5 millions de dinars, tandis que les bureaux de change constitués sous forme de Société à responsabilité limitée (SARL) ou de société par actions simplifiée devront libérer un capital de 1 million de dinars.

Les Transferts des Expatriés : Une Faible Contribution de l’Algérie

Les chiffres de la Banque mondiale révèlent un contraste frappant en ce qui concerne les transferts des expatriés en Algérie par rapport à d’autres pays d’Afrique du Nord. En 2022, les Égyptiens ont envoyé plus de 31 milliards de dollars vers leur pays, tandis que les transferts des Algériens se sont limités à 2 milliards de dollars. Même le Maroc et la Tunisie devancent l’Algérie dans ce domaine.

Les Explications à ce Paradoxe

Les chiffres apparents peuvent masquer une réalité complexe. Il est essentiel de comprendre que les statistiques de la Banque mondiale ne tiennent compte que des transferts officiels effectués à travers des canaux bancaires. La réalité est que de nombreux Algériens optent pour des méthodes informelles, notamment le système de transfert de fonds « hawala, » pour leurs transactions financières.

Le double taux de change en Algérie, avec une différence significative entre le taux de change officiel et le taux de change parallèle, encourage les expatriés à recourir à des méthodes non officielles pour leurs transferts. Le taux de change officiel est de 144 dinars pour un euro, tandis que le taux sur le marché parallèle avoisine les 230 dinars pour un euro. Cette disparité pousse les expatriés à rechercher des alternatives pour maximiser la valeur de leurs transferts.

Le double taux de change est un problème qui nuit à l’économie algérienne, malgré les tentatives du gouvernement pour y remédier. L’ouverture des bureaux de change est une étape positive, mais l’impact sur les transferts des expatriés et l’économie nationale dépendra de la résolution de ces problèmes sous-jacents.

Les Défis qui Attendent l’Algérie

L’Algérie s’engage dans une réforme financière majeure avec l’ouverture prochaine des bureaux de change. Cependant, pour maximiser l’efficacité de ces établissements et améliorer les transferts des expatriés, le pays devra s’attaquer au problème du double taux de change et encourager l’utilisation de canaux officiels pour les transferts. Le succès de cette réforme est crucial pour l’économie nationale et les Algériens à l’étranger.

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