L’insistance d’Israël pour intégrer l’union africaine (UA) par le biais d’un statut d’observateur et ses manœuvres exécutées dernières les rideaux pour convaincre le plus grand nombre de pays pour accepter cette adhésion font courir le risque d’un éclatement de cette organisation qui vient juste de fêter ses 20 ans.

Bien que prévue depuis que Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union africaine, ait accepté l’accréditation d’Israël en juillet dernier, la crise que connaît l’organisation panafricaine risque de s’accentuer, d’autant plus que l’onde de choc s’est produite dans un organe très sensible de l’UN qui est sa commission qui a toujours prôné le consensus.

Le différend entre les partisans et les détracteurs de cette adhésion a atteint son paroxysme hier samedi, lorsque le Premier ministre palestinien Mohammad Shtayyeh a exhorté l’Union africaine de retirer l’accréditation accordée à Israël, faisant monter les tensions entre les deux blocs opposés.

Lors de son allocution, le Premier ministre palestinien a dit qu’ »Israël ne devrait jamais être récompensé pour sa violation et pour le régime d’apartheid qu’il impose au peuple palestinien ».

Bien conscients qu’un vote pourrait faire éclater l’organisation, les participants au sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’UA, qui se tient dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba, ont  décidé  de suspendre les débats sur l’accréditation accordée à Israël pour créer, en parallèle, un Comité de sept Chefs d’État africain chargés de formuler des recommandations au Sommet de l’UA qui demeure saisi de la question.

Le comité en question sera composé du Président sénégalais Macky Sall, en sa qualité de Président en exercice de l’UA, du Président de la République Abdelmadjid Tebboune, ainsi que des présidents sud-africain Cyril Ramaphosa, rwandais Paul Kagame, Nigérian Muhamadu Bouhari, camerounais Paul Biya et du président de la RD Congo Felix Tshisekedi.

En guise de réaction, la presse israélienne a pointé du doigt l’action de l’Algérie et de l’Afrique du Sud dans ce dossier. « Depuis plusieurs mois, cette décision d’accréditer Israël est vivement critiquée par plusieurs États membres, dont l’Afrique du Sud et l’Algérie », a écrit le média pro-sioniste I24 sur son site internet.

M. M.

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