Les manifestations d'octobre 88

L’Algérie commémorait hier la journée du 5 octobre 1988, où les rues algériennes se sont enflammées. Dans un contexte de tension sociale, les Algériens décident de sortir dans la rue pour exprimer leur mécontentement. A partir de là plusieurs la contestation durera plusieurs jours.

octobre 88

Il y a 24 ans, le 6 octobre, l’Algérie est considérée en état de siège. Après que le jeudi 5 octobre Alger s’embrase  les magasins d’état, les ministères, tous les symboles liés au FLN, le parti unique, sont violemment attaqués. Plusieurs villes algériennes suivent le mouvement après un été difficile, rythmé par les coupures d’électricité, les pénuries alimentaires, les inflations. Le discours du président Chadli  du  19 septembre vient ajouter un peu plus de tension au sein de la société algérienne.

Après plusieurs manifestations, le président Chadli décide de déclarer l’état de siège et confie les commandes au général Khaled Nezzar. Le 7 octobre, la situation dégénère sous l’effet des débordements et des provocations, l’armée finit alors par tirer sur la foule.  Plusieurs personnes sont décédées (169 selon le bilan officiel, 500 selon d’autres sources) dans cette manifestation qui marquera l’histoire sociale de l’Algérie.

Génération 88, génération espoir

Pour comprendre le contexte dans lequel les évènements d’octobre 1988 se sont déroulés. Nous vous proposons un retour dans le passé avec un reportage vidéo tournée en 1988 sur cette génération qui a défié le pouvoir. Alors qu’ils s’apprêtent à vivre une période charnière ces jeunes lycéens et universitaires témoignent devant la caméra quelques semaines avant le déclenchement des premières révoltes d’octobre 1988 . Les Algériens de 88 font preuve d’une grande lucidité, ils confient leurs envies, leurs doutes, leurs espoirs.

L’Algérie vit un bouleversement social : la scolarisation de l’Algérie est rapide, les jeunes Algériens aspirent à faire des études supérieures. En 1988 ils sont 100 000 étudiants, dont la moitié sont des femmes. Ce fait vient changer les codes sociaux : les perspectives d’avenir, la place de la femme en Algérie, les ambitions personnelles de chaque Algérien.

Les jeunes Algériens interrogés sont conscients de cette nouvelle situation algérienne et veulent réellement s’adapter et contribuer au changement. La plupart des personnes interrogées à la sortie de l’université veulent s’instruire, faire moins d’enfant pour contrôler une démographie qui ne cesse d’augmenter. Ils veulent redresser leur pays.

Au prix du sang, ces Algériens ont tout de même réussi leur combat démocratique, car l’année d’après l’Algérie adopte plusieurs réformes avec l’adoption d’une nouvelle constitution en 1989  marquée par l’instauration du multipartisme, et donc la fin du règne du FLN.

AB

Originally posted 2012-10-06 12:00:18.