2017/ Le pessimisme, un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre par Abdou Semmar

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Puisque la nouvelle année approche et qu’il est de tradition d’exprimer ses vœux, nous allons essayer de ne pas déroger à cette habitude à Algérie Focus, en prenant garde cependant à ne pas tomber dans les clichés éculés ni dans les espoirs irréalistes.

L’image de l’Algérie dans le monde est de plus en plus négative et même nos amis les plus sincères disent à notre propos : « Quel gâchis ! Un pays avec une telle histoire et de telles richesses qui sombre de plus en plus dans le sous-développement. C’est dramatique ! ». Et les plus pessimistes ou les plus hostiles nous promettent des lendemains terribles qui vont de la famine et la misère, à la guerre civile et au dépeçage territorial à cause d’un régionalisme de plus en plus insolent et de plus en plus sous influence.

Les nouvelles fortunes trop brutales pour être honnêtes, bâties sur des alliances et des compromissions qui nous classent dans le palmarès des pays les plus corrompus, traduisent l’écart abyssal entre les revenus des citoyens et met en exergue l’immense désillusion née des promesses du paradis socialiste censé redistribuer équitablement la richesse et assurer plus d’égalité et de justice.

Au plan national, le constat est terrible :

  • Retard dans tous les domaines et particulièrement dans celui de l’éducation ; seul garant incontestable de la libération et de la promotion de l’individu et de la collectivité.
  • Ravages causés par la gangrène d’un régionalisme rampant, agressif et arrogant puisqu’il n’hésite même plus à afficher un communautarisme porteur de tous les dangers qui mettent en péril les fondements mêmes de notre pays. Cela fait, bien entendu les affaires de nos pires ennemis à commencer par les Israéliens qui organisent des réseaux de soutien chez nous, se référant à des liens de consanguinité affirmée avec notre composante berbère. La plus belle illustration reste la solidarité déclarée et le soutien apporté par Bernard-Henri Lévy à un « mouvement indépendantiste kabyle ».
  • Népotisme à grande échelle, corruption endémique, absence de débat politique, de politique culturelle et de visibilité dans tous les domaines etc…
  • Fragilisation ou absence des libertés fondamentales telles que la liberté de pensée et la liberté d’expression.
  • Danger de plus en plus grave dû à l’activisme des milieux religieux conservateurs et fondamentalistes.

Au plan régional, l’Algérie subit de plein fouet la paix armée entre les deux pays frères les plus importants du Maghreb, acculés pour des raisons inadmissibles à tourner le dos au développement régional indispensable pour l’avenir de leurs enfants et la stabilité régionale. Le seul vœu que l’on souhaiterait voir réalisé dès l’année prochaine c’est la « rencontre du destin » entre l’Algérie et le Maroc, libérés de l’influence des intérêts étrangers et des crispations idéologiques.

Au plan international, l’heure est au pessimisme devant la montée des nationalismes, des populismes et de l’Extrême-droite en Europe et dans le monde. La victoire de Donald Trump, le triomphe de l’Ultra-droite israélienne requinquée par le changement à la maison blanche, rendent l’avenir des Palestiniens et des populations syriennes et irakiennes de plus en plus sombre. Le monde arabe, définitivement dépecé et affaibli ne pèse plus rien sur l’échiquier international, pour des raisons endogènes aussi. En effet, l’instrumentalisation de l’islam pour des raisons politiques a fini par enfanter des monstres qui échappent à tout contrôle et dont les dégâts rejaillissent de manière négative et durable sur l’ensemble des musulmans. L’islam est considéré, par la faute de ces apprentis sorciers, comme le danger numéro UN dans le monde.

Certes le constat est sombre mais il est réel et il nous appartient de rester objectifs dans notre analyse et d’être constructifs aussi. Ce sont les raisons pour lesquelles nous serons toujours présents pour dénoncer les dangers qui nous guettent et proposer dans la mesure de nos moyens, les meilleures approches pour les combattre. Nous sommes conscients que l’Algérie dispose toujours des moyens nécessaires à son développement et que seule une bonne gouvernance nous permettra de rattraper le retard et de retrouver notre place parmi les nations dynamiques.

A l’aube de cette nouvelle année, nous souhaitons disposer enfin des moyens nécessaires pour préserver la paix chez nous, sortir du marasme politique, économique et culturel, et accorder aux jeunes toute la place qui leur revient de droit afin de réaliser le renouvellement de la classe politique qui fait depuis des décennies la preuve de son incurie.

 

 

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