Un rassemblement en « solidarité avec In Salah et le Grand Sud » et contre l’exploitation du gaz de schiste en Algérie sera organisé samedi 17 janvier à Alger, place de la Grande Poste. Malgré la mobilisation, le gouvernement campe sur ses positions.

Le mouvement de contestation anti-gaz de schiste, qui a vu le jour le 1er janvier dernier à In Salah, gagne la capitale. En solidarité avec les milliers de manifestants, qui crient leur opposition à l’exploitation des ressources en gaz de schiste, à In Salah, depuis près de deux semaines, un appel à un rassemblement à Alger a été lancé lundi sur Facebook. Le sit-in aura lieu samedi 17 janvier à 13h au jardin Khemisti, près de la place de la Grande Poste à Alger.

 « In Salah lutte pour nous »

« La question de l’exploitation de gaz de schiste concerne tous les Algériens. Les citoyens à In Salah militent pour les intérêts de toute une nation et de tout un pays, pour un meilleur avenir du pays et pour le bien des générations futures. Nous ne devons pas rester muets à leurs cris », affirme Mehdi Bsikri, l’un des initiateurs de ce rassemblement, contacté par nos soins. Pour ce militant anti-gaz de chiste, la question de l’exploitation de cette ressource énergétique non-conventionnelle n’est pas seulement une problématique locale mais c’est un enjeu national. « In Salah lutte pour nous. L’exploitation de gaz de schiste est un projet destructeur, que ce soit au plan financier ou environnemental, sans oublier les retombées négatives sur le tissu social », soutient-il.

Alors que les habitants de In Salah, là même où la Sonatrach a lancé son programme de forage des puits de gaz de schiste en Algérie, vivent leur 13è jour de manifestation ce mardi, ils ont déjà reçu le soutien des autres grandes villes du Sud. À Tamanrasset, Ouargla, Adrar et Laghouat les protestataires se sont depuis fait entendre. Dans ces wilayas, des appels à la désobéissance civile ont même été respectés. Comme à Tamanrasset, où les commerçants ont fermé boutique toute la journée du lundi 12 janvier en signe de protestation contre l’exploitation du gaz de schiste dans le sud algérien.

Sourde oreille

Bien que le mouvement anti-gaz de schiste prenne de l’ampleur, le gouvernement ne semble pas vouloir infléchir sa position. Déterminé, le PDG de la Sonatrach, Saïd Sahnoun, a annoncé dimanche dernier, sur les ondes de la radio chaîne 3, que 200 puits seront forés chaque année pour produire l’équivalent de 20 milliards de M3 de gaz par an. Un programme énergétique, qui s’étale sur 20 ans et qui nécessite des investissements allant jusqu’à 70 milliards de dollars. Cette stratégique devrait générer plus de 50.000 emplois directs et indirects dans le sud algérien, a justifié le PDG de Sonatrach. Mais pas sûr que cet argument parvienne à convaincre les manifestants.

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