Israël Face à la CIJ : Le Procès Historique qui Secoue le Monde

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Israël Face à la CIJ : Le Procès Historique qui Secoue le Monde

Israël, un État fondé sur la légitimité de la souffrance juive durant la Seconde Guerre mondiale, se trouve aujourd’hui sur le banc des accusés, jugé par la Cour internationale de justice (CIJ) pour génocide. L’ironie de cette situation est incontournable, puisque c’est grâce à cette même légitimité que l’État d’Israël a vu le jour.

Le procès qui s’est ouvert à La Haye (Pays-Bas) le 11 janvier et s’est poursuivi le 12 janvier est vécu en Israël comme un « drame national », selon le quotidien français Le Monde. L’Afrique du Sud, pays plaignant dans cette affaire, est un rappel troublant de la période où les gouvernements israéliens soutenaient le régime d’apartheid en Afrique du Sud.

Cependant, cette action en justice n’est pas une vengeance de la part de l’Afrique du Sud, mais plutôt un engagement en faveur des principes des droits de l’homme et des peuples qui ont façonné la nouvelle Afrique du Sud dans les années 1990. Comme l’explique l’avocat international Johan Soufi, « l’Afrique du Sud n’a rien à gagner avec cette procédure si ce n’est défendre des valeurs universelles ».

Une Requête Inspirée par l’Appel à la Justice

La requête de l’Afrique du Sud fait suite à de nombreux appels, dont celui du président algérien Abdelmadjid Tebboune, à traduire Israël devant les juridictions internationales pour les crimes commis en Palestine depuis plusieurs décennies, en particulier à Gaza depuis le 7 octobre 2023.

Pendant cette période, l’armée israélienne a bombardé de manière indiscriminée la petite enclave palestinienne, causant la mort de plus de 23 000 civils en trois mois, en majorité des enfants et des femmes.

De plus, des responsables israéliens, y compris des ministres religieux extrémistes du gouvernement de Benyamin Netanyahu, ont exprimé leur intention de déplacer la population de Gaza vers l’Égypte ou le Congo. Ces faits ont été clairement documentés par les médias du monde entier.

Les Arguments Solides de l’Afrique du Sud

L’Afrique du Sud estime qu’il s’agit d’un génocide qui s’inscrit dans le cadre de décennies d’oppression des Palestiniens par Israël. Selon la requête sud-africaine, les actions israéliennes « revêtent un caractère génocidaire, car elles s’accompagnent de l’intention spécifique requise de détruire les Palestiniens de Gaza ».

Le dossier présenté par l’Afrique du Sud est solide, regroupant tous les éléments nécessaires pour étayer l’accusation de génocide. Le monde a assisté à une traduction juridique des crimes d’Israël, qui sont largement documentés au quotidien par les médias internationaux.

Selon les observateurs, les avocats d’Israël n’ont pas réussi à convaincre dans leurs dénégations, en particulier lorsqu’ils ont tenté de prouver qu’Israël « respecte le droit international ». Le ministre sud-africain de la Justice, Ronald Lamola, a déclaré à la presse : « Aujourd’hui, l’État d’Israël n’a pas réussi à réfuter les arguments convaincants de l’Afrique du Sud qui ont été présentés à la Cour. »

Les Conséquences d’une Éventuelle Condamnation

Ce procès fera date, car Israël a brisé sa tendance habituelle au mépris de la justice et des institutions internationales. L’État hébreu a mobilisé une armada d’avocats pour se défendre contre les accusations qui pèsent sur lui.

Une éventuelle condamnation équivaudrait à un coup de grâce pour l’image d’Israël, déjà sérieusement écornée dans le monde entier, y compris aux États-Unis, où l’administration de Joe Biden continue de le soutenir militairement et politiquement malgré une opinion publique qui s’en éloigne.

Même sans condamnation, la simple tenue de ce procès est en soi une grande défaite pour Israël, selon de nombreux observateurs politiques et médias israéliens.

Le Renversement des Rôles sur la Scène Internationale

Ce qui est également marquant, c’est que cette requête émane d’un pays du Sud, soutenu par des États de la même sphère, alors que les pays occidentaux, traditionnellement défenseurs des « valeurs universelles » et du « droit international », sont restés étrangement silencieux.

L’avocat de l’Afrique du Sud, Johann Soufi, évoque la « lâcheté ou l’hypocrisie » des pays arabes qui affirment défendre les Palestiniens et des Occidentaux qui se disent champions des droits de l’homme. Il conclut que « nous assistons à un bouleversement du monde ».

Cet avis est largement partagé. Edwy Plenel, dans un article, parle du « renversement du monde » et souligne que « l’Europe et sa projection nord-américaine se revendiquent d’une universalité des droits humains que leurs actes n’ont cessé de contredire ». Il conclut en notant que « face à leur inaction devant la destruction de la Palestine par l’État d’Israël, c’est l’Afrique du Sud qui, aujourd’hui, défend cet universel ».

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