La Hijama en France : Pratique Interdite pour Tous, y Compris les Médecins

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La Hijama en France : Pratique Interdite pour Tous, y Compris les Médecins

Au cœur des traditions médicales depuis des millénaires, la hijama, également connue sous le nom de « cupping therapy », « incisiothérapie » ou « ventousothérapie », est une pratique ancestrale qui suscite actuellement un vif débat en France.

Cette technique, très prisée au sein de la communauté musulmane depuis l’époque du Prophète Muhammadﷺ, a récemment été soumise à une évolution juridique importante, remettant en question sa pratique, même par les médecins.

Une Pratique Millénaire Sous les Projecteurs

La hijama, qui consiste à appliquer des ventouses sur le corps du patient, parfois en les associant à des scarifications, est largement répandue en France. Pourtant, son statut juridique a récemment évolué, suscitant l’inquiétude et les questions de nombreux praticiens et patients.

L’année 2019 avait laissé penser que la hijama n’était pas totalement interdite, mais réservée à certains professionnels de la santé. Cependant, la jurisprudence française s’est considérablement durcie depuis, et la hijama, qu’elle soit humide (avec scarification et saignement) ou sèche (ventouses sans scarification), est désormais considérée comme un acte médical. Cette évolution a des répercussions majeures pour tous ceux qui pratiquent ou souhaitent pratiquer la hijama.

Un Jugement Qui Fait Réagir

C’est suite à une décision judiciaire rendue par le tribunal correctionnel de Bobigny que la hijama a fait l’objet de vives discussions. Trois personnes ont été poursuivies pour exercice illégal de la médecine en raison de leur pratique régulière de la hijama, au sein de leur association. Cependant, cette décision judiciaire n’a pas été sans controverses.

L’origine de cette plainte n’est pas à imputer à un patient ayant subi des complications suite à une séance de hijama, mais plutôt aux agences régionales de santé et au conseil régional de l’ordre des médecins d’Ile-de-France, qui ont choisi de lutter contre toutes les pratiques illégales de la hijama. Le conseil de l’ordre des médecins a appuyé la démarche en confirmant qu’il s’agissait bien d’un exercice illégal de la médecine.

Les Sanctions et Interdictions

Les répercussions de cette décision de justice sont graves et étendues. Toute infraction à cette nouvelle jurisprudence peut être punie de peines allant jusqu’à deux ans de prison. Ainsi, la hijama ne peut être pratiquée en France que par des médecins ou, sous prescription médicale, par des infirmiers ou infirmières, uniquement pour l’acte médical de scarification en hijama humide.

Le jugement ne fait aucune distinction entre la hijama humide et sèche, les considérant toutes deux comme des actes médicaux. La pose des ventouses et la scarification, si nécessaire, sont désormais l’apanage exclusif des médecins.

Les Conséquences pour les Praticiens et les Patients

Cette évolution de la jurisprudence a créé un véritable choc au sein de la communauté des praticiens et des patients de hijama en France. Les praticiens qui avaient obtenu leur diplôme dans des centres de formation se retrouvent dans une situation précaire, car seuls les médecins et, par délégation sur ordonnance, les infirmiers sont autorisés à pratiquer la hijama. Toute autre personne risque des sanctions sévères.

Les patients, quant à eux, se trouvent désormais face à une pénurie de praticiens qualifiés, car la hijama n’est plus accessible que dans un cadre médical strict. Cette situation soulève des questions quant à l’accès aux soins traditionnels et à la liberté de choix thérapeutiques pour les patients.

La hijama, une pratique médicinale traditionnelle vieille de plusieurs millénaires, est désormais soumise à une réglementation stricte en France. La récente décision de justice a restreint la pratique de la hijama aux seuls médecins et, dans des cas spécifiques, aux infirmiers et infirmières. Cette évolution suscite des préoccupations parmi les praticiens et les patients, remettant en question l’accès à cette pratique ancestrale et les libertés thérapeutiques.

L’affaire de la hijama en France est loin d’être close, et l’avenir de cette pratique traditionnelle dans le pays reste incertain. Les répercussions de cette décision judiciaire continueront d’être au cœur des discussions pour les mois à venir, alors que les praticiens et les patients chercheront des moyens de préserver cette tradition médicinale millénaire.

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