Chadli Bendjedid avait dissous l’Assemblée populaire nationale, le 4 janvier 1992 pour empêcher Abdelaziz Belkhadem de lui succéder à la présidence de la République. C’était la dernière décision du chef de l’Etat de l’époque qui vient de disparaître. Quelques jours après cette ultime décision, il avait décidé « de son propre chef » de claquer la porte du pouvoir pour « limiter l’effusion du sang des Algériens ».

L’une des révélations concerne l’éviction de Belkhadem dans la succession à la présidence/ DR

Ces informations, révélées dans l’édition du quotidien arabophone Echourouk de la matinée de mercredi 10 octobre 2012, sont extraites des mémoires de Chadli Bendjedid. Le premier volume de l’ouvrage sortira, normalement, le 1 novembre prochain chez les éditions Casbah.

Les bonnes feuilles données par e quotidien arabophone ne comportent pas de braves révélations. L’essentiel est déjà connu du grand public. Mais certaines informations s’avèrent être une bonne matière pour les Historiens pour explorer une bonne partie de l’Histoire de l’Algérie indépendante.

Le texte nous informe, par exemple, que le chef de l’Etat décédé cette semaine avait pris la décision, le 4 janvier 1992, de dissoudre l’Assemblée populaire nationale que présidait alors Abdelaziz Belkhadem. Bendjedid raconte que cette décision était prise pour empêcher l’actuel secrétaire général du FLN de présider aux destinées du pays, la constitution de 1989 prévoyant que, en cas de vacance de pouvoir, c’est le président de l’Assemblée populaire nationale qui prend l’intérim. L’ancien chef de l’Etat précise cependant que la décision d’empêcher Belkhadem de devenir président par intérim n’émane pas de sa propre volonté. S’il avait pris cette décision, si qu’il savait que l’homme à la barbe hirsute n’allait pas plaire aux militaires. Surtout que l’homme était soupçonné de connivence avec le régime iranien.

« Deux candidat : Chadli et Bendjedid »

Il semblerait que l’agrément de certains partis, politiques en 1989 avait échappé à la présidence de la République. Chadli Bendjedid révèle, sans donner de réponse, que l’attribution des agréments au Front islamique du Salut (Fis-dissous) et au rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) était faite à son insu. Il assure que la l’agrément avait été donné par feu Boubekeur Belkaïd avec le soutien de Larbi Belkheir, alors qu’il était en visite officielle au Sénégal.

Plus loin dans le temps, Chadli Bendjedid note dans ses mémoires ce qui est globalement connu du grand public à propos de son arrivé au pouvoir en 1979. Il confirme ainsi que la décision de porter à la tête de pouvoir celui qui était à l’époque l’officier le plus âgé au grade le plus élevé était prise par Kasdi Merbah, chef de la sécurité militaire. Ce dernier aurait dit à ses compères : « il y a deux candidatas :Chadli et Bendjedid ». Ceci pour trancher une succession sur laquelle se disputait notamment Abdelaziz Bouteflika et Mohemd-Salah Yahiaoui.

Le reste des témoignages concerne essentiellement les relations que le défunt entretenait avec d’autres hommes du pouvoir. Il lève ainsi le voile sur ses relations « excellentes » avec son ancien premier ministre Mouloud Hamrouche en qui il voyait le parfait successeur. Il atteste également que contrairement aux idées reçues, il avait de parfaits rapports avec le Général Larbi Belkheir, son chef de cabinet devenu ministre de l’intérieur plus tard.

On apprend également que Chadli Bendjedid avait regretté de ne pas avoir gardé le très sensible poste du ministre de la Défense. Il estime que c’est le fait de confier le poste à Khaled Nezzar qui lui a valu tous les déboires des années 1991. D’autres révélations sont contenues dans le livre mémoires du défunt président.

Essaïd Wakli

 

 

Originally posted 2012-10-10 13:48:33.

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