L’Algérie, comme notre continent africain et notre monde arabe,se trouve aujourd’hui plus que jamais, dans l’obligation d’optimiser toutes ses ressources afin de sortir de sa situation économique décourageante. A-t-on un autre choix ? Quelqu’un d’autre doit-il faire cet effort pour nous ?
Ces communautés se comportant comme une bassecour, quel maître attendent-elles ? Quoi de mieux qu’un renard pour surveiller la volaille ? L’inventaire à la fin nous donnera raison.

Déjà dix pour cent consommés de notre siècle, et les choses nous promettent bien une allure continue vers nulle part. Vers l’inconnu.
Les nuages sombres et épais sont là, pour les yeux ouverts.
Des monstres ont été créés et ne peuvent plus être contrôlés aujourd’hui. Il ne s’agit plus de légendes, les frankensteins sont réels.
L’Europe a créé les Etats Unis pour les voir devenir un monstre hors contrôle, et la Grande Bretagne a créé l’état sioniste qui ose la défier aujourd’hui.

L’ouragan Katrina sur les côtes américaines en 2005, a bien montré que cette puissance du mal a des dizaines de milliers de citoyens pauvres qui méritaient le support social au lieu de verser des milliards à tuer d’autres peuples, vivant tranquillement chez eux.
Les GIs tuant dans les mosquées de Bagdad, les black waters dans les rues, les sionistes à Ghazza et les multinationales assassinant les petites entreprises du sud à travers le globe. La machine de guerre ne veut pas s’arrêter et n’a pas encore trouvé de résistance réelle.
Nos ancêtres ont bien dit «on reconnaît l’année à son automne».
Nous savons déjà à quoi s’attendre, au moins dans le proche avenir. Lorsque les choses se compliquent à tel point qu’il devient presque impossible de croire ses cinq sens, alors tout devient possible. Tout est à décoder, à déchiffrer. Rien n’est clair, et il n’y a aucune logique à ce qu’on observe, ce qu’on voit et entend au quotidien.

Être accepté c’est d’abord être démocratique, et n’est considéré comme tel que celui qui accepte les absurdités de l’hégémonie yankee. Suivre ses propres plans, sa propre culture ou ses propres visions, c’est être réactionnaire.
Gardez vos idées pour vous, nous sommes les maîtres à bord, et seule notre démarche est salvatrice. La dictature mondiale est omniprésente. «Nos intérêts passent avant tout», n’est pas à discuter.
Ces nations ont-elles vraiment l’intention de nous aider à sortir de notre sous-développement comme elles le prétendent?
Une politique contre nature ne peut durer.
Si tu n’as pas honte, fais ce qui te plaît Ne pas voir une chose est certainement différent de ne pas la comprendre. Seulement, faire semblant de ne pas comprendre, c’est certainement cacher beaucoup de choses. Bien sûr il n’est pas toujours facile de tout prouver, mais il y a des choses qui ne nécessitent pas d’être prouvées.

Des preuves irréfutables s’avèrent aussi incapables de convaincre lorsque les crânes sont étanches.
Notre géographie et notre histoire font que nous sommes des afro-arabo-musulmans, des algériens tout simplement, un peu trop bas dans l’échelle du développement, malheureusement. Bien sûr, de nos jours, il n’y a rien qui pousse à la fierté d’appartenir à un ensemble où les frères s’entretuent.
Fort heureusement, c’est de notre belle religion que nous tenons notre arabité, et ce n’est ni d’un pays ni d’un autre. Seulement, faire comprendre cela à nos jeunes n’est pas chose facile. Voir des caravanes de bienfaisance par exemple, pour assister un peuple en détresse, refusées de passage par les Egyptiens est une chose inimaginable, quels que soient les motifs avancés. Voir des murs s’ériger entre pays frères, c’est aussi une grande honte. On se rappelle tous aussi, comment les pauvres Sahraouis, fuyant les feux de « émir el mouminine » durant les années soixante dix, n’avaient de choix qu’entre les profondeurs de l’océan ou notre terre. La grande maison révolutionnaire ne pouvait chasser des pauvres malheureux. Aujourd’hui, les faux maîtres la liberté, égalité et fraternité nous accusent d’avoir sauvé des milliers de vies humaines.

Marche ou crève Un pays peut appartenir à la catégorie des pays développés, en voie de développement, sous développés ou carrément hors jeu, fonctionnant selon des normes qui lui sont propres, reconnaissables et n’ayant de sens que pour ses gouverneurs.
Il n’est pas nécessaire d’être spécialiste des nations unies, de l’OMC, de la politique, de la sociologie ou autre pour reconnaître si son pays appartient à telle ou telle classe. Il suffit de vivre dans la société et non pas dans la touche, et comparer les choses avec ce qu’elles doivent être.

Il est aussi nécessaire d’avoir des statistiques réelles des différentes caractéristiques de la société. Des statistiques relevées selon les normes, avec des échantillons représentatifs. Pour connaître le taux d’analphabètes, par exemple, ce n’est pas à l’université qu’il faut prendre son échantillon. Les repères doivent bien sûr être très bien définis. Ce ne sont pas toujours les valeurs des pays du nord qu’il faut prendre comme références. Ces valeurs sont souvent liées aux coutumes et cultures des sociétés. La démocratie, sans frontières à l’occidentale, les nôtres ne l’accepteront certainement pas les yeux fermés. Son « laissez faire laissez passer », au départ économique puis appliqué à tout, a bien abouti à des actes dépourvus de tout bon sens. La dérive a dépassé toutes les limites. C’est la civilisation qu’on cherche à nous imposer au moment où leurs sages commencent à fortement la dénoncer. Les nôtres, par exemple, n’accepteront jamais d’insulter un prophète. Nous sommes bien au-dessus de cette bassesse. Pauvres peut être, mais bien supérieurs aux animaux. Les causes du sous développement sont certainement multiples et multiformes, et seuls les spécialistes, les sociologues, économes ou autres sont en mesure de les énumérer et même les classer. Pour nous autres, la colonisation «positive» de presque un siècle et demi, nous laissant une terre brulée, dans des gourbis avec notre lot d’analphabètes, est sans nul doute l’une des principales raisons. L’esclavage et les travaux forcés durant des siècles ont été l’essence de développement des impérialistes, et nous vivons aujourd’hui les conséquences. En reconnaissance, nous n’avons même pas le droit à la paix.

Les ingérences sous toutes les formes sont le frein réel de notre progrès. Les interférences déforment bien les signaux, jusqu’à les inverser. On cherche à nous voir debout, disent-ils.

Sortir de cette situation, à contraintes multiples et complexes, n’est pas une tâche facile, même après toutes ces longues années d’efforts continus. Cependant, il faut toujours le rappeler, notre lenteur a bien joué un grand rôle de pesanteur. Notre gestion trop lourde, notre décentralisation toujours inefficace et notre «l’après pétrole» qui peine à décoller sont bien des facteurs qui méritent toute notre concentration et la participation de tous les acteurs à un débat réel. Les vecteurs, énergie constructive et intellect, aussi minimes soient ils, lorsqu’ils sont tous orientés vers le même objectif, sont en mesure de bien relever les plus grands défis. Notre école, notre santé et notre pouvoir d’achat sont encore bien loin derrière les normes.
Une dizaine de livres de scolarité, pour un enfant en première année primaire parti à la découverte des formes de l’alphabet, c’est adieu l’amour de l’école.

L’Algerophonie

La langue arabe est «défendue» par un milliard et demi d’êtres humains à cause de l’islam. Pour apprendre et comprendre, correctement, quelques versets coraniques, il faut un minimum de la langue arabe, et avec quelques principes de base, il est généralement possible de s’améliorer si on le veut. Pour cette raison, la langue arabe est parmi les six langues officielles utilisées aux nations unies, avec l’anglais, le Français, le Chinois, le Russe et l’Espagnol.

Il se trouve que chez nous, l’arabe et le français sont les langues de notre quotidien, avec l’anglais occupant de plus en plus de terrain, et c’est tant mieux. Ainsi, pour les échanges avec l’extérieur et pour le progrès technologique, nous ne devons normalement avoir aucun problème.
L’arabe algérien est compris dans toutes les régions du pays, à l’exception peut être de quelques zones bien restreintes et isolées, où un effort doit être fait pour vaincre cet isolement. Cela bien sûr ne signifie pas que des régions bien lointaines, les unes des autres, n’ont pas leurs propres prononciations et parfois même des termes spécifiques.

Aux frontières surtout, notre dialecte a bien son propre lot de termes dialectiques des pays voisins, avec son accent distingué. Seulement, dans l’ensemble, les citoyens arrivent toujours à bien s’exprimer et se faire comprendre. Ceci indique que cette langue propre à nous, l’arabe algérien ne risquera pas de se perdre. Ce sera notre produit local, de cohésion et soudure, qui ne cessera d’évoluer dans le temps sans gêner personne en principe. Maintenant, pour communiquer avec l’extérieur, l’arabe et le français semblent bien jouer leur rôle. En ce qui concerne les dialectes, il faut noter que chaque pays a son propre dialecte. Ces langues parlées se développent avec le temps avec l’introduction de termes nouveaux selon les périodes historiques, le développement des sociétés et leur créativité linguistique. Ainsi, des termes algériens purs tels que «kirak» signifiant «keifa arak: comment vas-tu», «bezzaf» signifiant «bi ezzaïd fih : beaucoup», «Moh» pour Mohamed.etc., façonnés avec le temps, montrent parfois comment les dialectes véhiculent un certain effort de la société à faciliter la communication, lui donner un certain ton musical, gagner du temps et peut être même se distinguer. Nous avons visité des pays arabes, et nous avons trouvé au départ quelques difficultés pour bien communiquer, mais ce n’était rien de sérieux. Notre arabe algérien, avec notre petite connaissance de la langue arabe officielle étaient largement suffisants pour des échanges d’idées et pour discuter de n’importe quel sujet. Ceci est vrai même chez les pays développés. En grande Bretagne par exemple, des accents tels que le cockney de Londres ou le scottish sont bien différents. Des simplifications également, telles que Liz ou Liza pour Elizabeth, Gerry pour Géraldine, Bob pour Robert.etc., sont bien populaires. Les spécialistes du domaine, les linguistiques, les historiens ont bien sûr le devoir de garder la mémoire des peuples.
C’est une richesse que toute nation doit préserver. Ce sont ses repères et sa fierté. C’est notre identité, notre culture, notre passé, notre présent et notre futur. L’arabe algérien est un mélange riche en termes arabes, amazigh, français, espagnols et plus. Cette richesse multidimensionnelle en culture, histoire et sociologie doit intéresser les groupes de recherche, seuls capables de définitions exactes. Le citoyen s’intéresse très peu à tout ça.
Seulement, la citoyenneté, c’est un ensemble de sacrifices pour le pays, ce sont des devoirs de formes diverses et bien entendu des droits.
Le citoyen simple n’a pas réellement de difficulté à communiquer avec ses pairs. Ce qui l’intéresse le plus, c’est voir son pays se développer et lui offrir la possibilité d’une vie décente.
Le confort, l’éducation et la santé pour tous, souvent promis, sont toujours les préoccupations majeures du citoyen. Les grèves multiples auxquelles nous assistons tous les jours sont là pour nous rappeler des vérités. Le pacte social.

Par Ghris Djillali
Paru sur « Le Quotidien d’Oran »

Originally posted 2010-01-20 14:38:56.

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