Abdelaziz Ziari, le président de l’APN, sort enfin de son silence mystérieux pour s’exprimer sur la situation chaotique du pays. Chaotique, pas tant que ça à en croire monsieur Ziari qui croit dur comme fer aux réformes annoncées par Bouteflika. Mais, dans un entretien accordé à l’Expression, il n’a manqué de reconnaître que tout ne tourne pas rond dans son institution le parlement. Ainsi, interrogé au sujet de l’absentéisme des députés, Ziari a indiqué que si la possibilité lui en était offerte, il suggérerait « la suppression de certaines indemnités aux députés absents ». « Je n’ai pas les moyens légaux pour le faire. Ce sont des cas qui doivent être prévus à l’avenir par le règlement intérieur qui est une loi votée par les députés », a-t-il dit. « Le travail essentiel de toutes les assemblées de la planète se passant dans les commissions où se fait le travail de fond, je considère l’absence des députés dans les commissions comme quelque chose d’impardonnable », s’est-il indigné encore.

Questionné à propos de la Constituante, que certains partis politiques réclament, le président de l’APN a tout simplement estimé « qu’il n’y avait aucune raison d’aller vers une Constituante ». Et d’expliquer que « la voix du peuple est plus importante qu’une Constituante ». « Un référendum donne beaucoup plus de légitimité lorsqu’il s’agit de grands changements constitutionnels que n’importe quelle Constituante qui, elle, n’aboutirait, qu’à une espèce de compromis entre les partis. On choisit la Constituante quand on veut changer de République, lorsqu’il y a de grands bouleversements et qu’il n’y a plus d’institutions en place », a-t-il encore asséné.

Enfin, Abdelaziz Ziari a rejeté l’idée d’introduire le système parlementaire en Algérie. Et pour cause, selon lui, ce système peut être, théoriquement séduisant, mais il risque rapidement de tourner à une espèce « d’Etat tribalo-régionaliste où les pressions locales et régionales deviennent prédominantes », a-t-il déclaré.

Anouar Malik

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