Algérie : Le journal francophone « El-Watan » revient dans les kiosque et demande l’aide des autorités pour le sauver de la faillite

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El-Watan d'Algérie
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Algérie :Après deux semaines d’absence de ses lecteurs, le journal francophone El-Watan d’Algérie est réapparu dans les kiosques, malgré la persistance d’une crise financière étouffante.

Soit dit en passant, les responsables du journal ont lancé un appel urgent aux autorités pour rétablir les droits du journal et établir un système équitable sur le marché publicitaire du pays.

De nombreux journalistes en Algérie ont réagi positivement à la nouvelle du retour à la publication du journal « El-Watan », dont la suspension a révélé une crise profonde pour la presse papier en Algérie, qui fait face à des difficultés financières plus ou moins graves d’un titre à l’autre.

Ce retour a été une sorte de défi pour ses travailleurs, qui ont décidé de reprendre le travail alors qu’ils n’avaient pas reçu leur salaire pendant 5 mois complets. Dans son éditorial, signé par son directeur général, Mohamed Taher Masoudi, « El-Watan » a salué ses travailleurs qui, selon lui, ont pris une sage et courageuse décision de reprendre le travail, convaincus que justice leur serait rendue en débloquant la banque du journal. comptes pour payer leurs salaires (ils ont été gelés après un différend avec les impôts).

Afin de faire face à la situation catastrophique dans laquelle s’est enfoncé le journal El-Watan, la rédaction précise que la décision de la justice doit s’accompagner d’une intervention rapide des pouvoirs publics pour permettre à l’institution de retrouver ses droits et de remettre de l’ordre dans le secteur de la presse, qu’il décrit comme affligé.

El-Watan a souvent protesté contre le refus des publicités gouvernementales, malgré le fait qu’elles étaient les plus retirées du marché, estimant que l’affaire était due à des antécédents politiques liés à la police du journal.

Le journal a insisté sur la résistance, affirmant dans son éditorial que son chemin à travers 32 ans d’existence est jalonné d’embûches et d’obstacles de toutes sortes.

Elle a indiqué avoir été victime d’extorsion en raison de publicités, de menaces terroristes, d’emprisonnement de journalistes, de harcèlement judiciaire, de suspension d’impression dans la presse publique et d’inspections de ses comptes à trois reprises par les autorités fiscales, mais à chaque fois elle « a réussi à surmonter les obstacles et à surmonter restrictions d’urgence. » 

L’éditorial a accusé certaines parties d’avoir un intérêt dans la disparition du journal. Elle a dit qu’au premier rang de ceux-ci se trouvent les ennemis de la presse libre et de la démocratie, puis les cercles de la corruption, ainsi que le camp des islamistes radicaux et des commanditaires du terrorisme. Elle a souligné que ces personnes, heureusement, représentent dans une large mesure une minorité dans une société qui considère les acquis démocratiques à travers le pluralisme politique et la liberté de la presse contenus dans la constitution comme non négociables.

Les journalistes et ouvriers du journal « Al-Watan », un journal à orientation « moderniste », comme il se définit, avaient décidé de déclencher une grève le mardi 12 juin dernier, puis à la fin du mois dernier l’affaire s’est transformée en une grève ouverte pour réclamer le paiement des salaires dus et verser de l’argent, les fonds des services sociaux qui n’ont pas été payés par eux depuis la création du journal.

Au cours des derniers mois, l’administration du journal Al-Watan a lancé plusieurs appels de détresse, en raison de la rareté de ses ressources financières et de son incapacité à bénéficier de la publicité publique, qui est devenue le soutien de famille de tous les journaux du pays après la baisse de publicité privée. Il y a des mois, le journal a fait doubler son prix de vente, justifiant sa décision de ne plus pouvoir faire face aux frais d’édition et d’impression compte tenu du prix exorbitant du papier et de la disparition du marché publicitaire depuis 2014, et de son ne pas bénéficier des publicités gouvernementales pour des raisons politiques, malgré le fait qu’il s’agisse du journal le plus retiré du marché, dit-elle.

Le journal, qui était célèbre pour son orientation critique envers le pouvoir, a été contraint, sous le poids du déficit financier, d’arrêter nombre de ses collaborateurs, et a été contraint de vendre une partie de son siège régional, en plus d’imposer des prélèvements douloureux sur salaires des travailleurs en raison de la situation qu’elle traverse, afin de préserver les 150 emplois qu’elle procure.

Il y a plus d’un an, le journal révélait avoir été harcelé et privé de publicités après un article dans lequel il parlait de la richesse des proches et des fils du défunt chef d’état-major de l’armée Ahmed Gaïd Salah.

Le directeur du journal, Muhammad Taher Masoudi, a récemment déclaré que son institution ira jusqu’à la fermeture complète si elle continue à vivre la crise financière actuelle, reprochant aux autorités de mettre le journal sous une énorme pression financière, car il n’a reçu aucune aide publique, selon lui, similaire à d’autres entreprises qui ont bénéficié d’un soutien pendant la pandémie de Covid 19.

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