Non content d’appeler au meurtre contre des écrivains, le chef autoproclamé des salafistes algériens, Abdelfettah Hamadache s’enfonce encore un peu plus loin son discours intégriste. Lors d’un récent passage sur la nouvelle radio Echorouk FM, l’imam, devenu prédicateur et champion d’un extrémisme sans gêne, confie qu’il est d’accord pour «l’ouverture une ambassade de Dach» à Alger. Une déclaration qui s’apparente, ni plus ni moins, à de l’apologie du terrorisme. L’homme venait de répondre à une question d’un journaliste relative à sa position vis-à-vis de l’organisation terroriste « Etat Islamique ».

Cette déclaration confirme, en effet, que l’homme à la barbe poivre-sel n’est pas vraiment différent des groupes terroristes. Pis, en faisant ainsi l’apologie d’un groupe qui a déjà assassiné un ressortissant français en Algérie, le chef salafiste franchit un nouveau pas et ne lui manque désormais que la kalachnikov pour devenir le sosie de Abdelkader El-Beghdadi en Algérie.

Plus grave encore est ce silence des autorités politiques et sécuritaires qui restent ainsi inamovibles devant les excès répétitifs de celui qui était, pourtant, fait prisonnier, durant les années 1990, pour soutien au terrorisme. L’attitude des autorités est d’autant plus troublante que d’autres citoyens se font arrêter et juger pour « soutien au terrorisme » alors que leurs comportements n’ont pas égalé les dérapages de Hamadache Ziraoui.

Plus que les dangers que de telles déclarations peuvent engendrer sur le plan interne, l’attitude de Hamadache peut avoir de graves conséquences sur l’image du pays à l’étranger. Pourquoi l’Algérie affiche une attitude de soutien aux pays qui luttent contre cette hydre intégriste et tolère en son sein un homme qui fait publiquement l’apologie du terrorisme ?

Essaïd Wakli

Originally posted 2015-06-20 11:58:32.