Tinhinane Laceb

Les services de sûreté de la wilaya d’Alger ont rendu public les résultats de l’enquête sur le meurtre de la journaliste de la chaine 4 de la télévision nationale Tinhinane Laceb. Contrairement à ce qu’avait révélé son père, elle n’avait pas été poussée par son mari, mais poignardée à plusieurs reprises.

La journaliste de la Chaine Tamazight (TV4) de la Télévision nationale, Tinhinane Laceb, décédée en janvier dernier, a été « tuée de plusieurs coups de couteau assénés par son mari », ont indiqué les services de sureté d’Alger.

Et d’ajouter que « l’auteur de l’homicide, en l’occurrence le mari, se tenait non loin du corps de sa victime tenant dans sa main l’objet de son méfait (couteau). Ce dernier a été arrêté et présenté devant les juridictions compétentes pour la poursuite des procédures à son encontre », précise la même source », a-t-on précisé.

Dans le cadre de procédures en vigueur, les éléments d’identification relevant de la circonscription administrative de Bir Mourad Rais ont accompli leur mission, pris des photos de la victime et relevé toutes les traces sur la scène de crime.

Après autopsie médico-légale, il a été constaté que le corps de la victime présentait plusieurs traces de coups de couteau, conclut le communiqué.

Pour mémoire, Le 26 janvier 2021, le corps de la journaliste Tinhinane Laceb, mère de deux fillettes, est retrouvé inanimé dans son logement. Son mari appelle lui-même les forces de l’ordre. Il déclare avoir poignardée sa femme jusqu’à la tuer et se trouver toujours dans son domicile à Birkhadem.

La brigade de police judiciaire se retrouve face au mari avec un couteau à la main, et sa victime baignant dans une mare de sang. L’homme est arrêté et présenté devant les juridictions compétentes.

Le lendemain, la presse locale relaient la nouvelle. Avec elle, une rumeur ne tarde pas à envahir les réseaux sociaux. Le conjoint de la victime l’aurait égorgée. Rapidement, le père de Tinhinane Laceb dément cette version dans une déclaration télévisée.

 Selon lui, son gendre n’acceptait pas que sa fille travaille en tant que journaliste, et les deux époux se seraient disputé à ce sujet. Le mari aurait alors poussé son épouse, et la chute serait à l’origine du décès.

Selon des témoignages, les proches et les collègues de travail de la journaliste affirment qu’elle montrait des signes de malaise et de détresse morale ces derniers temps. Après sa mort, les messages d’indignation et les hommages se sont multipliés, faisant parfois référence à ce mal-être, comme celui de son cousin, l’écrivain Djamel Laceb.

Le prénom de Tinhinane vient rallonger la longue liste de Féminicides Algérie, la plateforme indépendante qui recense les victimes de féminicides depuis 2019. L’année dernière, Chaïma, 19 ans, violée puis brûlée vive, Asma, 30 ans, retrouvée égorgée, Aïcha, 34 ans, poignardée par son conjoint, Yasmine, 28 ans, égorgée par son ex-fiancé, ont fortement marqué la société algérienne… Mais la plupart des cas ne sont pas médiatisées. En 2020, elles étaient 54. En 2021, elles sont déjà quatre.