La mésaventure de Houari Mohamed, un jeune chef d’entreprise âgé de 29 ans, démontre une nouvelle fois que la progéniture de la nomenklatura algérienne est au-dessus des lois de la République. Le 19 mars dernier, à 18 H 32, ce jeune algérien a été brutalement agressé sur l’autoroute qui relie Zéralda à Alger. Houari Mohamed conduisait sa voiture, une Volkswagen Golfe, le plus tranquillement du monde lorsqu’une Toyota Corrola noire aux vitres fumées a failli le percuter. 

Le jeune Houari proteste et interpelle les conducteurs de cette voiture pour qu’ils arrêtent de conduire dangereusement. Soudainement, les passagers de ce véhicule mettent un gyrophare et contraignent le conducteur de la Golfe à serrer à droite pour s’arrêter sur la bande d’arrêt d’urgence. Et à ce moment-là, un jeune homme sort de la voiture et utilise un Taser pour agresser Houari Mohamed et le mettre à terre. Immobilisée, la victime assiste impuissante à son agression. L’agresseur saisit ensuite tous les papiers de sa victime et disparaît comme s’il avait procédé à la neutralisation d’un dangereux criminel.

L’infortuné chef d’entreprise se relève difficilement et encaisse le choc. Il a pris le soin de noter le numéro inscrit sur la plaque d’immatriculation de la Toyota Corrola : 346754-00-16. En dépit de toutes les émotions qu’il avait subites, Houari Mohamed se déplace jusqu’à la brigade de gendarmerie de Bouchouai pour déposer plainte. C’est à ce moment-là qu’il découvre que son agresseur n’est guère un fonctionnaire des services de sécurité. Il s’agit d’un certain Abdou Sayah, fils d’un ancien haut responsable des douanes algériennes qui travaille en ce moment comme cadre dirigeant à Air Algérie et réside à Club Des Pins. Âgé d’à peine 31 ans, ce monsieur a conduit une voiture officielle qui appartient à la direction générale des douanes algériennes. Un véhicule de service que son père aurait du remettre à son ancienne tutelle puisqu’il travaille désormais à Air Algérie depuis la nomination de Abdou Bouderbala, l’ancien patron des douanes, à la tête de la compagnie battant pavillon national. Mais le plus incroyable est encore à venir puisque Houari Mohamed découvre que son agresseur a même justifié sa brutalité auprès des services de sécurité lorsqu’il avait remis les papiers de sa victime. « Il est uniquement fonctionnaire à Air Algérie. Au nom de quel droit il conduit une voiture officielle pour ensuite m’agresser et saisir mes papiers ? C’est tout simplement de la Hogra et je ne vais pas me taire face à cet abus scandaleux », s’écrie Houari Mohamed dont la plainte a été finalement enregistrée au niveau de la Brigade de Gendarmerie de Dely Ibrahim.

« Je tiens à souligner que les gendarmes ont été exemplaires et ils m’ont accompagné lorsque j’ai entamé les démarches pour déposer plainte. Aujourd’hui, elle est au niveau du Procureur de la République près le tribunal de Saïd Hamdine à Bir Mourad Raïs. Et la justice n’a encore rien fait pour convoquer mon agresseur. J’ai bien peur qu’on tente d’étouffer cette affaire pour protéger le fils d’un haut responsable », confie encore notre interlocuteur qui promet d’aller jusqu’au bout pour réclamer que justice soit rendue en dépit de toutes les représailles qu’il risque de subir.

Houari Mohamed affirme qu’il ne va pas se taire et refuse que « les fils des puissants » imposent leur pouvoir au détriment des plus faibles. Mais la balle est dans le camp de la justice et celle-ci ne démontre pas, pour le moment, sa volonté de faire respecter le droit.

Hogra. Agression contre un jeune citoyen/La justice tente de protéger le fils d’un haut responsable
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