Emplois du temps négligés, surcharge des classes, professeurs démissionnaires … Le Conseil des lycées d’Algérie tire la sonnette d’alarme en pleine grève des professeurs d’écoles affiliés au Cnapest.

Le Conseil des lycées d’Algérie (CLA) ne mâche pas ses mots dans un communiqué qui nous a été parvenu ce dimanche 20 octobre. Dans ce document, le syndicat énumère une liste de maux qui menacent sérieusement le système scolaire en Algérie. Et ils sont nombreux : méthode pédagogique dépassée, violence à l’école, classes surchargées, professeurs déresponsabilisés et sous-payés… Rien ne semble aller dans les écoles algériennes, tout niveau confondu, à en croire le CLA.

Pour le syndicat, c’est toute l’école qui doit être repensée en Algérie. Aujourd’hui toute la responsabilité repose sur les seules administrations des établissements ce qui a un effet pervers sur les professeurs, totalement indifférents à la réussite de leurs propres élèves, estime dans son communiqué le CLA. Des professeurs qui peinent de leur côté à voir des perspectives d’évolution de carrière. 80% des enseignants ne parviennent pas à passer d’un cycle à un autre. La faute à une procédure bureaucratique et au piston, accuse le CLA.

Un sit-in le 23 octobre à Alger

Autant de disfonctionnements contre lesquels s’élèvent le Conseil national des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest) depuis presque un mois. La grève illimitée déclenchée le 7 octobre dernier dans les lycées, CEM et écoles primaires est maintenue. Les enseignants affiliés au Cnapest exigent un calendrier précis pour la mise en œuvre des engagements du ministre de l’Education nationale, Abdelatif Baba Ahmed. Un sit-in à Alger est même prévu le 23 octobre prochain, a annoncé Messaoud Boudiba, porte-parole du plus important syndicat éducatif.

De son côté, le ministre de l’Éducation nationale a déjà répondu à une partie des revendications des enseignants, notamment celle relative à l’augmentation des salaires. Elle a « largement été satisfaite dans le passé », a-t-il rétorqué lors du forum El Moudjahid, le 13 octobre dernier. « Il faut savoir que la catégorie 16 octroyée par la Fonction publique aux enseignants du secondaire est attribuée habituellement aux médecins et aux doctorants universitaires », s’est défendu le ministre.