La filière lait en Algérie vit en cette période une profonde crise. Une rupture de stock est constatée par de nombreux citoyens dans les quartiers de la capitale pendant ce mois sacré où la demande sur ce produit de première nécessité augmente considérablement. En dépit des déclarations rassurantes du directeur général de  l’Office national interprofessionnel du lait (ONIL), qui a souligné la disponibilité de la poudre de lait en Algérie jusqu’à l’année prochaine, plusieurs citoyens de la capitale déclarent vivre une véritable pénurie.

La pénurie de lait est de retour, et cette fois elle s’annonce plus sévère car elle intervient avec le début du mois sacré du Ramadhan, durant lequel la demande augmente sur ce produit de première nécessité. La crise qui a débuté en avril dernier est loin d’être achevée. Preuve en est, les queues interminables devant les marchands de lait et la tension palpable qui se lit sur le visage des consommateurs en colère. «On nous rassure depuis quelques mois de la disponibilité de la poudre de lait, mais nous nous comprenons pas pourquoi nous sommes obligés de faire la queue pour avoir un sachet de lait ? », s’interroge Hamid, 39 ans. «Depuis quelques jours, il faut que je me réveille de très bonne heure pour pouvoir trouver un sachet de lait. Le pire est quand le marchand vous distribue un quota de trois sachets alors que vous êtes une famille nombreuse », se plaint à son tour Fatma Zohra, la cinquantaine, femme au foyer.

Plusieurs quartiers de la capitale, à l’instar d’El Achour, Ain Naadja, Bach Djarah, Kouba, Aïn El Benian vivent sous le poids de cette crise. Les citoyens de ces quartiers racontent leurs mésaventures à la recherche d’un sachet de lait qui se fait attendre parfois jusqu’à cinq jours. «Nous passons notre temps à guetter l’arrivée des camions de lait qui ne se pointent plus à une heure fixe, et quand le camion arrive, je vous laisse deviner le monde fou qui se pointe », raconte Fateh, un jeune trentenaire. Pour sa part, Hamida, femme au foyer, affirme devoir se tourner vers les boîtes de lait pasteurisé qui sont nettement plus chères.

Le tableau désolant de citoyens se battant pour un sachet de lait  ne devrait-il pas inciter les autorités à prendre au sérieux cette pénurie et à trouver des solutions concrètes ? Dimanche, dans une déclaration au quotidien d’information arabophone El Khabar,  le directeur général de l’ONIL, Fethi Messar, a fait savoir que cette crise n’a rien à avoir avec la pénurie de poudre de lait « disponible jusqu’au mois de février de l’année prochaine ». Pour expliquer cette pénurie, ce dernier a évoqué « des failles au niveau de la distribution du lait car certains livreurs préfèrent ne pas travailler durant le mois du Ramadhan ». Il a, par ailleurs, mentionné le recours de plusieurs citoyens au stockage de sachets de lait, une tendance qui provoque la pénurie.

De son côté, le président du comité interprofessionnel du lait, Mahmoud Benchekour a  confirmé la disponibilité de la poudre de lait et a appelé les citoyens à ne pas stocker ce produit de première nécessité.

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