Stromae, le maestro de la musique électro-danse, débarque à Alger. A la veille du concert qu’il donnera vendredi à la Coupole d’Alger devant 15.000 fans, le chanteur-compositeur belge se dit impatient de découvrir la culture et le public algériens.

« J’appréhende l’accueil du public algérien […] J’ai eu des échos. Le public algérien a la réputation d’être un public qui sait crier et danser », glisse Stromae en début de conférence de presse, organisée ce jeudi à Alger. A 29 ans, le compositeur du tube planétaire « Papaoutai » est gagné par le stress des débutants à la veille de se produire sur la scène de la Coupole à Alger.

Pour sa première visite sur le continent africain, c’est effectivement en Algérie que Stromae, le chanteur belge d’origine rwandaise, à la silhouette longiligne et au visage de poupon, animera un show de grande envergure. Sur scène, « 4 musiciens, un écran, des techniciens » et face au maestro un public conquis de quelques 15.000 fans. « J’ai l’habitude de joué dans des plus petites salles, de 1.000 à 2.000 personnes. Ce qu’on a fait jusqu’à présent en tournée, c’est le bébé de ce qu’on va présenter demain », confie Stromae, de son vrai nom Paul Van Haver.

Un concert donc bien rôdé, pas de place à l’improvisation. « Chaque chanson représentera un tableau », explique l’interprète de « Formidable » et « Alors on danse », qui promet un spectacle « divertissant », riche « en émotions ».

Un duo avec un Algérien ?

Le jeune homme, qui a vendu plus d’un million d’exemplaires de son dernier opus, « Racine carrée », et que beaucoup compare à  son compatriote Jacques Brel, reste avide de nouvelles découvertes et nouveaux horizons. Stromae, qui donne la chance à la prometteuse musicienne algérienne Kawther d’animer la première partie de soirée, n’exclut pas de collaborer un jour avec des artistes d’Algérie. « Je suis preneur de tout ce qui m’inspire et me parle […] J’ai envie de découvrir ce qui se fait chez vous », dit-il, reconnaissant ne pas avoir écouté beaucoup de musique algérienne par le passé. « J’ai découvert aujourd’hui que Cheb Khaled est Algérien », avoue-t-il, l’air confus.

« Je l’aurais mauvaise si vous gagnez le 17 juin »

"Je l'aurais mauvaise si vous gagniez le 17 juin", lâche Stromae, lors de la conférence de presse à Alger le 29 mai 2014. Photo AF
« Je l’aurais mauvaise si vous gagniez le 17 juin », lâche Stromae, lors de la conférence de presse à Alger le 29 mai 2014. Photo AF

Interrogé sur l’hymne des supporters belges, qu’il a réalisé, pour soutenir les Diables Rouges, adversaires en poules de la sélection nationale algérienne, Stromae raconte avoir longtemps hésité avant d’accepter de prêter sa voix. « Les hymnes de football ont une connotation ultra-populaire, ce n’est pas pas bien vu », dit-il avoir d’abord pensé avant de changer d’avis et d’adapter le tube « Ta fête » pour le Mondial brésilien. « Si le patriotisme a sa place, c’est bien dans le football », estime, avant de lâcher : « Je l’aurais mauvaise si vous gagnez le 17 juin ».

Avant de s’éclipser de la salle de conférence, Stromae a une pensée pour ses fans algériens qui n’auront pas le privilège d’assister au concert, faute de billet : « Je l’espère à très bientôt, inschallah ».

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