Salah Moulay, ancien propriétaire d'El Waad essadek, est en prison

Qui ne se souviens pas de ce fameux marché automobile, sis à Sour El Ghezlane, dans la wilaya de Bouira, dénommé « El Waad Essadik » ? Trois années après l’éclatement de l’affaire, cette entreprise fait toujours des victimes.

En ce moment même, ce sont pas moins de 209 familles qui risquent de perdre un terrain d’une superficie de 16,7 hectares. Un bien qui va être proposé dans une vente aux enchères programmée à Bouira pour ce 21 mars.

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Les propriétaires, qui l’avaient cédé, en 2013, à Moulay Salah, patron d’ « El Waad Essadik », avaient fini par annuler la vente un an plus tard, à l’amiable précise-t-on, suite à l’incapacité de ce dernier de tenir ses engagements financiers. Mais une décision de justice de 2017 n’avait pas reconnu l’annulation de l’acte notarié de vente. Il a donc été saisi avec le reste des biens du mis en cause.

Il faut rappeler que pendant près de deux ans, des milliers de personnes cédaient et se procuraient dans ce marché des véhicules à des prix défiants toute concurrence. « El Waad Essadik » achetait plus cher et vendait moins cher. L’affaire ne présentait aucune logique économique. Et c’est tout naturellement que le « scandale » a éclaté en 2015.

L’entreprise s’était retrouvée en faillite et son propriétaire, Moulay Salah, est resté pendant quelques mois en fuite avant d’être arrêté à Alger, en novembre 2015. Entre temps, il avait été condamné à dix ans de prison ferme. La justice avait émis 29 mandats d’arrêt, plus un mandat d’arrêt international émanant d’Interpol, à l’encontre de Moulay Salah. L’empire financier qu’il a constitué en moins de deux ans s’est écroulé en un temps record, faisant au passage des milliers de victimes. Pour beaucoup, « El Waad Essadik » cacherait une gigantesque affaire de blanchiment d’argent.

Elyas Nour