Des dizaines de personnes parmi lesquelles des étudiants des activistes des militants des droits de l’homme ont été embarqués par la police, ce mardi, aux entrées de la ville de Béjaïa et aux alentours la résidence universitaire de Targa Ouezmour. Selon des sources locales, « il a plu des gifles ». La police a usé d’une très grande violence contre ces jeunes qui sont sortis pour manifester pacifiquement contre les atteintes aux libertés et surtout pour réclamer la libération du blogueur Merzouk Touati.

Toutes les personnes qui auraient pu donner à cette manifestation plus d’impact médiatique ont été conduites au commissariat central. Il y avait notamment le syndicaliste Idir Achour et le journaliste Abdou Semmar. L’activiste Yanis Adjlia a été particulièrement malmené. Ce dernier a même été violenté alors qu’il était menotté.

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Le centre-ville de Béjaïa était ce matin, le lieu le plus surveillé de l’Algérie. Les membres du Comité pour la libération de Merzoug Touati et le Comité local des étudiants ont été traités comme des personnes dangereuses. Pourtant, l’action à laquelle ils ont appelé avait un caractère pacifique.

Ce énième déploiement massif de la police dans le but de réprimer une action de protestation pacifique remet sur la table la question de l’interdiction de toute forme de manifestation dans la rue. Pourtant la constitution consacre, dans ses articles 48,49 et 50, les libertés d'expression, d'association et de réunion, la liberté de manifestation pacifique et la liberté de la presse écrite, audiovisuelle et sur les réseaux d'information.