Ils sont ainsi, trois détenus. Un blogueur, un journaliste et un artiste, en l’occurrence Merzoug Touati, Adlène Mellah et Réda City 16 à avoir observé ou observent toujours une grève de la faim dans les geôles. Épuisés par les conditions de vie dans les établissements pénitenciers et complètement abattus sur le plan psychologique, ils continuent de résister et de clamer leur innocence.   

Le premier à avoir entamé une grève de la faim pour demander sa libération est le blogueur Merzoug Touati, un jeune âgé de 30 ans condamné à sept ans de prison pour avoir interviewé un diplomate israélien. Merzoug a observé à huit reprises une grève de la faim. La dernière a duré 38 jours avant de prendre fin le 14 aout dernier.

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C’est sa mère qui est intervenue en le suppliant d’arrêter. Cette dernière lui avait expliqué qu’il y a une formidable mobilisation nationale et internationale en sa faveur et qu’il fallait arrêter cette grève de la faim.

Depuis la tombée du verdict, Merzoug Touati est transféré d’une prison à une autre. Sa mère a récemment expliqué avec dépit, qu’il lui est ardu de se déplacer de Béjaïa jusqu’à Blida pour rendre visite à son fils. La famille est issue d’un milieu modeste et ses moyens sont très limités.

Le second détenu à avoir entamé une grève de la faim est le journaliste Adlene Mellah. Ce dernier a été arrêté dans le cadre d’une campagne très agressive menée contre les éditeurs de la presse électronique. Il est poursuivi pour «diffamation» et «atteinte à la vie privée», sur la base de plaintes déposées par le groupe Ennahar et le groupe Condor.

Très affaibli après avoir fait un malaise cardiaque, ce dernier a entamé une grève de la faim le 17 novembre dernier. Il réclame sa mise en liberté provisoire. Une requête refusée par le parquet. Pourtant, ses avocats affirment que son cas ne nécessite aucun recours à la détention préventive d’autant que le prévenu présente toutes les garanties pour être jugé en liberté.

Le dernier à avoir choisi la grève de la faim comme moyen d’expression est le rappeur Réda City 16. Ce dernier a entamé son action ce mercredi 21 novembre. À l’image d’Adlène Mellah, Merouane Boudiab, Kamel Bouakkez, Abdou Semmar ou encore Fodil Dob, Réda a fait face à une vaste campagne de dénigrement de la part de certains médias. Menotté et jeté dans un fourgon de la gendarmerie, les images de Réda ont fait le tour du pays. Et pourtant, cela est formellement interdit par la loi !

À l’instar de Kamel Bouakkaz, Houari Boukhors le frère de Amir DZ, et Fodil Dob, Réda City 16 est poursuivi dans le cadre de l’affaire dite Amir DZ. Les plaignants sont le groupe Ennahar, la wilaya d’Alger, le maire d’Alger-Centre ainsi que des hommes d’affaires.