Trente activistes du mouvement citoyens d’Adrar ont été convoqués et entendus, hier mercredi, par la police locale. Ils ont été interrogés par les éléments de la sûreté de wilaya autour d’une action de protestation organisée devant l’administration de l’hôpital de la ville, « il y a cinq ou six mois », indique Mohamed Gacemi, un des personnes interpellées et figure de proue du mouvement citoyen à Adrar.

« Les faits concernent un rassemblement de protestation pacifique devant l’administration de l’hôpital d’Adrar, tenu à l’appel du personnel médical et auquel se sont joints les acteurs de la société civile, pour dénoncer le manque de moyens et la situation déplorable de l’établissement. La veille, un jeune homme, victime d’un grave malaise alors qu’il faisait du sport, y avait succombé faute d’adrénaline. C’est ce qui a motivé notre action. Ce jour-là, le directeur de l’hôpital ne pouvait même pas affronter les protestataires, et c’est d’ailleurs avec le directeur de wilaya de la santé qu’ils se sont réunis. Suite à cela, le directeur de l’hôpital a été limogé. Il a donc déposé plainte », explique Mohamed Gacemi, joint par téléphone.

Notre interlocuteur, activement impliqué dans le mouvement anti-gaz de schiste au niveau national et toujours à la tête du front social localement, dont font partie la plupart des citoyens interpellés, s’interroge sur le timing de cette interpellation. « Pourquoi maintenant, plusieurs mois après les faits? », se demande-t-il, avant de se dire « persuadé qu’il s’agit d’un acte d’intimidation et de représailles en raison de notre engagement dans la lutte citoyenne pour une vie digne, dans le respect des droits et des libertés ». Et d’inscrire leur interpellation et « le procès en justice qui se précise » dans le sillage de « la camapagne de répression qui s’abat sur les militants les plus en vue du sud du pays ». M. Gacemi assimile ainsi son cas à ceux de « Khencha, Aouine, Djehiche et tant d’autres ».

A souligner que nos tentatives de joindre les syndicalistes de l’hôpital d’Adrar, affiliés au SNAPAP et au SNPSP, sont restées vaines. Idem pour la wilaya d’Adrar.