La terre ne cesse de trembler en Algérie. Mais ces tremblements ne font guère peur à nos autorités. Plusieurs secousses telluriques plus au moins importantes ont effrayé la population dans plusieurs régions. Rien que depuis le début du mois de mai, pas moins de 5 séismes ont éclaboussé Béjaïa, Médéa, Ain Defla, Chlef et Djelfa.

Fort heureusement, mis à part des dégâts matériels et quelques blessés, aucune victime n’a été déplorée. Ceci dit, l’alerte est sérieuse et les sismologues algériens ne cessent de lancer des SOS. Il est de notoriété publique que l’Algérie se situe dans une zone de forte activité sismique. Et pourtant, le risque sismique est un risque naturel majeur qui ne fait l’objet d’aucun suivi sérieux dans notre pays. En dépit des progrès scientifiques et technologiques, l’Algérie se contente toujours de diffuser les bulletins du Centre de recherche en astronomie, astrophysique et géophysique (Craag). Très peu d’initiatives sont prises pour réduire l’impact d’un séisme sur les villes algériennes. Il suffit ainsi d’une petite secousse d’une magnitude de 4 sur l’échelle de Richter pour occasionner des dégâts capables de mettre en danger des vies humaines innocentes. Pis encore, le paysage urbaniste algérien n’intègre toujours pas les normes de construction parasismique. Des millions de logements publics sont bâtis, des infrastructures stratégiques sont réceptionnées, mais tous ces chantiers sont menés sans tenir compte de ce risque naturel auquel les Algériens sont pourtant confrontés depuis des années. De Boumerdès en passant par Chlef, la terreur des séismes n’est pas étrangère à l’Algérie. Des milliers d’Algériens sont décédés lorsque la terre tremble. Ce n’est pas rien.

Le danger des séismes mérite beaucoup d’attention de la part de nos autorités car il reflète magnifiquement le bricolage avec lequel est conçu notre patrimoine urbain. Nos logements s’effritent et plusieurs de nos immeubles s’effondrent à la suite d’un tremblement de terre mineur alors que dans d’autres pays évolués, on arrive à tenir tête aux plus gros séismes.  Ce constat montre le désarroi, interrogations et l’incapacité de nos gouvernants de faire face à cette menace qui grandit de jour en jour. Comme toujours on voit apparaître de nouvelles formes de promesses et d’excuses. Et pendant ce temps-là, les Algériens apeurés demeurent livrés à eux-mêmes. Le professeur M. Chelghoum, expert international, professeur à l’USTHB en génie parasismique et directeur de recherche au service parasismique, est monté ces jours-ci au créneau pour nous rappeler que l’Algérie n’est vraiment pas à l’abri d’un grand séisme notamment au regard de la fréquence des séismes qui ont touché à maintes reprises notre pays pendant ces dernières semaines. Avec un habitat précaire et bâclé, l’Algérie s’expose à une grande tragédie. Des milliers de vie sont en jeu. Ce n’est donc pas un jeu. Mais nos autorités ne semblent pas l’avoir compris.