Réunion de l opposition au siège du RCD. Ph :Fateh Guidoum / PPAgency

L’alternative démocratique est en train de se construire sur le terrain du Hirak et à travers de multiples initiatives ambitionnant la construction d’une démocratie réelle. La réunion des forces de l’alternative démocratique hier au siège de RCD à Alger en est un exemple. Un pacte politique a été scellé hier et celui-ci se veut clair et concis! Des préalables ont été posés avant l’entame de quelques négociations que ce soit. Les participants ont constaté avec amertume les manœuvres aventuristes de la « contre-révolution », avant d’en souligner la dangerosité.

Le principe de dialogue est d’emblée accepté par les forces de l’alternative démocratique constituées de partis politiques, des personnalités politiques, les représentants d’associations politiques et de défense des droits de l’homme. Les participants ont, cependant, soumis la tenu d’un dialogue à des préalables se traduisant par des décisions politiques allant dans le sens du changement souhaité par les Algériens dans leur ensemble.

Fidèles à leur approche, les personnalités ayant participé à cette rencontre ont mis en exergue la nécessité d’une période de transition posant les jalons d’une vie politique active et animée. Il s’agit donc des rudiments d’un système démocratique !

À ce titre, le pouvoir réel incarné aujourd’hui par l’état-major de l’armée est appelé a répondre favorablement à un certain nombre de préalables, tel que « la libération immédiate de tous les détenus politiques et d’opinion », mais aussi : « la libération du champ politique et médiatique. »

Les forces de l’alternative démocratique réclament par ailleurs, « l’arrêt immédiat des harcèlements judiciaires et des menaces contre les citoyens, les militants des partis politiques et de leurs organisations, du mouvement associatif, des syndicalistes, des militants de droits de l’Homme, des journalistes… ». Mais aussi, « l’arrêt immédiat du bradage des richesses nationales et la récupération des biens spoliés. »

Depuis le début de la révolution de février, un travail de fonds a été fait afin de diaboliser le principe de « période de transition » et les élites compétentes capables de la mener à bien. Les forces de propositions semblent avoir pris conscience de cette manœuvre. Dans le communiqué ayant sanctionné la rencontre d’hier, on a insisté sur la nécessité d’une période de transition, tout en expliquant que la tenue d’une élection présidentielle dans les conditions prévalant actuellement aura pour effet la régénération du système et le renouvellement  de sa vitrine politique ».

Pour les forces de l’alternative démocratique, la construction d’une démocratie passe nécessairement « par l’organisation d’une période de transition qui réunit les moyens politiques pour l’expression d’une véritable souveraineté du peuple et l’édification d’un  État de droit démocratique ». Et cela nécessite : L’indépendance de la justice, la séparation et l’équilibre des pouvoirs, la non-utilisation de la religion à et du patrimoine et des symboles de la Nation à des fins politiques, l’égalité en droits entre les Hommes et les Femmes, la non utilisation de la violence pour la conquête et l’exercice du pouvoir, le droit d’association et le  droit d’organisation syndicale soumis au seul régime déclaratif, le droit de réunion, d’organisation et de manifestation, la garantie par l’État des droits sociaux et économiques fondamentaux des citoyens, la consécration des libertés individuelles et collectives, syndicales et le droit de grève, la souveraineté populaire sur les richesses naturelles de la nation, la Consécration du rôle de l’État dans la conduite du développement national et la lutte contre les inégalités socio-économiques et la pauvreté et en fin, le respect de tous les pluralismes.

À la fin, les participants ont exprimé leur détermination à « œuvrer dans un cadre unitaire ouvert à toutes les forces qui se reconnaissent dans l’alternative démocratique  pour permettre au peuple algérien de recouvrir toute sa souveraineté », avant de lancer un message de solidarité en direction des « peuples qui luttent pour leur liberté et leur souveraineté  dans le monde. »