En Algérie, de plus en plus de responsables de l’administration publique sont impliqués dans des affaires de corruption. Et le phénomène touche apparemment toutes les institutions publiques.

Le procès du directeur de l’emploi de la wilaya d’Alger qui va avoir lieu le 23 mai prochain illustre bien ce propos.  Selon une information parue, samedi, dans les colonnes du quotidien arabophone El Khabar, le juge d’instruction près du tribunal de Bir Mourad Rais a clos son enquête la semaine dernière. Le concerné a été pris, à la fin du mois de janvier dernier, en flagrant délit de corruption. Il a été placé sous mandat de dépôt. Selon plusieurs sources concordantes, le directeur a été arrêté pour une affaire de délivrance de permis de travail à des ressortissants étrangers en contrepartie de sommes d’argent. C’est le second haut cadre de la wilaya d’Alger qui est arrêté pour une affaire de corruption en un laps de temps très court.

Pour rappel, à la fin du mois dernier, le directeur des Affaires Religieuses de la capitale, a été surpris, lui aussi, le 21 avril dernier, en flagrant délit de corruption. Celui-ci s’apprêtait à recevoir une enveloppe contenant près de 825 euros de la part d’un gestionnaire de la mosquée Djamaa El Kébir, située à d’Alger. Bien évidemment, le concerné à nié les faits en affirmant que son interlocuteur lui a juste prêté de l’argent en vue de son voyage à l’étranger. Mais ce qui est plus grave encore, c’est les déclarations plus ou moins confuses du Ministre des affaires religieuses, Bouabdallah Ghlamallah, au sujet de cette affaire. Lors de l’une de ses interventions, ce-dernier a estimé que «nul n’est à l’abri d’une erreur». Si sous d’autres cieux, lorsqu’un responsable est mis en cause dans une affaire de corruption, tous ses collaborateurs et proches prennent leur distance, en Algérie, apparemment, ces actes immorales deviennent de plus en plus «banals» alors que la prolifération des affaires de corruption inquiète au plus haut point les Algériens.

Elyas Nour  

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