Beaucoup d’Algériens ignorent que les services de renseignement à l’instar des autres structures de l’Armée algérienne comptent un personnel civil important, des contractuels.  On les appelle les PCA, à savoir le personnel civil assimilé. Ils sont, en réalité,  les grands oubliés de l’armée puisqu’on ne parle quasiment jamais d’eux. Ils ne sont pas représentés par un syndicat. Ils ne sont jamais promus. Et pourtant, ils servent depuis cinquante ans dans les différents appareils de l’armée sans statut et n’ayant accès à aucune responsabilité. Et au sein du « défunt » DRS, ils sont plusieurs centaines à y travailler comme des « civils assimilés ». 

Leur cadre de travail au sein des services de renseignement obéit  à un système pyramidal ultra-hiérarchisé où le militaire s’obstine tous les jours à rappeler sa  « supériorité » sur le civil dans une atmosphère très religieuse. De nombreux éléments de ses PCA travaillant au sein des services accomplissent un travail considérable et dans quelques structures, les taches qu’ils accomplissent sont plus importantes que celles accomplies par le personnel militaire. Amers, de nombreux PCA confient qu’«ils ont droit à qu’une seule face de la médaille, celle relative aux obligations, car les privilèges sont destinés uniquement aux officiers, aux militaires». Et même lorsque la Fonction Publique adopte des augmentations de salaires, ces civils n’en bénéficient jamais !

La naissance du DSS, la nouvelle centrale du renseignement, va-t-elle changer ces « mœurs professionnelles » établies depuis plus d’un demi-siècles ? Pour le moment, aucune information n’a filtré sur le devenir des PCA.  Néanmoins, beaucoup d’entre eux ont affiché leur optimisme face à ces nouveaux changements annoncés. Il s’agit même, selon les témoignages de certains PCA, d’une véritable lueur d’espoir. « Nous espérons qu’au sein de la DSS, les décideurs mettront en avant notre véritable valeur. Nous espérons surtout avoir toutes les opportunités pour démontrer notre compétence et recevoir des contreparties à la hauteur du travail accompli », témoignent des « civils » interrogés par nos soins.  Des interlocuteurs qui n’en pouvaient plus d’être les otages d’un DRS qui les « dénigre », les « méprise », déplorent-ils.

Quoi qu’il en soit, la naissance de ce nouveau service de renseignement met le sort de ces civils au coeur du débat. Privés de statut au temps du DRS, les PCA attendent des clarifications sur leurs nouvelles fonctions. Seront-ils toujours soumis aux contraintes de la hiérarchie militaire qui leur interdit de rêver d’un plan d’évolution de carrière ? Cette question revient sur toutes leurs lèvres.

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