La mise à la retraite du général-major Mohamed Mediène a-t-elle ouvert la Boîte de Pandore? Plusieurs sources proches du sérail  confirment que la purge parmi les hauts responsables de l’Etat va se poursuivre dans les prochaines semaines. Une purge qui pourrait s’étaler jusqu’à la fin de l’année, laissant la place à la révision de la Constitution.  

Les jours à venir vont certainement charrier beaucoup d’informations. Règlements de compte ou véritables réformes menées pour permettre à l’Etat algérien d’affronter la difficile conjoncture marquée par une profonde crise économique ? Pour l’heure, il demeure difficile de voir clair dans ce jeu de changements qui s’opère au sommet de la pyramide du régime algérien.

Ceci dit, une première liste des personnalités sur la sellette circule dans les milieux initiés et proches des cercles décisionnels. Après le départ du puissant général Toufik, qui a dirigé pendant 25 ans le DRS, plusieurs personnalités politiques, qui avaient bénéficié de son appui, sont en point de mire. Les prochains changements que la Présidence de la République devrait décider visent à éliminer les politiques qui ralentissent le fonctionnement du gouvernement et des institutions de l’Etat. Abdelaziz Boureflika et le collège des décideurs algériens veulent des technocrates aux compétences avérées aux postes les plus importants, afin de trouver les solutions idoines à la crise actuelle.

Après avoir traîné des casseroles dans les secteurs des Travaux Publics et des Transports, Amar Ghoul occupe la tête de cette liste des personnalités sur la sellette. Son bilan très mitigé depuis sa prise en main du secteur du Tourisme, ses sorties médiatiques ratées, notamment celle où il fait état de sa proximité avec le Général Toufik, son poids politique de plus en plus insignifiant et ses faibles capacités managériales font de lui un personnage indésirable dans la conjoncture actuelle.

Abdeslam Bouchouareb, le ministre de l’Industrie et des Mines, est également sur le départ. Bouchouareb a utilisé, à plusieurs reprises, les moyens de son ministère pour ses activités partisanes au RND. De plus, son soutien aux ambitions présidentielles d’Ahmed Ouyahia dérange et inquiète. Son bilan ministériel n’est guère reluisant et ses explications au sujet des conséquences de la crise pétrolière ont suscité les pires moqueries. Selon certaines sources, à la Présidence, on lui cherche d’ores et déjà un successeur.

L’autre personnage sulfureux, sous le feu des critiques depuis de nombreuses années, à savoir Hamid Melzi, directeur de la résidence d’Etat du Club des Pins, serait également concerné par les changements qui s’annoncent. Véritable apparatchik dont le pouvoir occulte suscite la polémique, il serait implique avec certains membres de sa famille dans plusieurs business suspects. Le récent rachat de Vitajus par son fils Amine, une opération évaluée à plus de 25 millions d’euros, a défrayé la chronique. D’où provient tout cet argent ? Hamid Melzi s’apparente de plus en plus à un boulet de canon que traîne le régime algérien, en quête d’une nouvelle virginité, d’une autre image pour éviter des crises pouvant menacer sa survie.

Cependant, Hamid Melzi entretient des relations privilégiées avec certains proches d’Abdelaziz Bouteflika. Il dispose encore de quelques cartes à jouer. Cela n’est pas le cas d’autres dirigeants d’offices et d’entreprises publiques qui figurent sur cette liste, dont nous vous révélerons prochainement des détails plus importants.