Abderrazak Makri, Movement of Society for Peace (MSP)'s general secretary, speaks during a press conference with the leader of the Algerian Front for Change (FC) party in Algiers on May 6, 2017, after the country's main Islamist coalition came third in this week's legislative elections. / AFP PHOTO / RYAD KRAMDI (Photo credit should read RYAD KRAMDI/AFP/Getty Images)


Le leader du MSP Abderrazak Makri se dispute la paternité de la proposition de report des élections présidentielles de 2019 avec les partis de la majorité. Cette figure de la mouvance islamiste accuse ces partis de lui avoir « piqué » son idée et de l’avoir travesti ! Il va sans dire que cette situation absurde et surréaliste traduit l’incapacité de la »classe politique algérienne » de proposer des issues de sortie de crise cohérentes et concevables.

C’est sur les réseaux sociaux que le leader du MSP a lancé un message aux partis de la majorité ayant montré un intérêt certain à l’idée de renvoyer aux calendes grecques la prochaine échéance électorale. Les partis gravitant autour du pouvoir ont « travesti l’idée que j’avais proposé »,la « vidant de sa substance », écrit en somme, M. Makri dans un post Facebook.

Abderrazak Makri accuse les partis de la majorité de vouloir prolonger le mandat du président Bouteflika à une date non définie, alors que lui suggère de repousser les prochaines élections d’un an. Makri propose, en substance, de créer une sorte de mécanisme de gestion qui gouvernera durant un an même si le président venait à disparaître malencontreusement.

Dans le même ordre d’idée, ce serait le parlement qui désignera les membres du gouvernement tout en mettant « fin au pouvoir absolu accaparé par le président de la République » et en donnant des prérogatives réelles aux ministres.

Dans son cheminement, Abderrazak Makri donne une grande importance aux ministres dont la mission principale sera, selon lui, de modifier et de revoir en profondeur le code électoral et mettre en place un organisme indépendant de surveillance des élections. À son sens, tout cela mettra fin à la fraude électorale et au déséquilibre institutionnel régnant.   

L’homme politique n’a, cependant, pas évoqué le sort de cette assemblée nationale « mal élue », qui souffre d’une illégitimité indéniable et dont l’image a été souillée plus qu’elle ne l’était, notamment après le coup de force exécuté contre son ancien président, Saïd Bouhadja. Peut-on compter sur ces gens pour redresser le pays ? La réponse est évidente.   

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