Par F | janvier 29, 2013 5:49
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Cher, trop cher ! Les prix du logement en Algérie ne cessent de battre des records. D’une année à une autre, la hausse des prix de l’immobilier atteint des seuils vertigineux. “A Alger, un appartement dans une zone populaire coûte désormais plus cher qu’un appartement haut standing dans une zone touristique à Marrakech. C’est tout simplement anormal !”, confie tout de go Hamid, un jeune fonctionnaire qui recherche un logement à acquérir depuis maintenant trois ans !

“Trois ans que cela dure et rien n’indique encore que le dénouement est pour bientôt. Quelques fois je perds espoirs. J’ai tenté les formules proposées par l’Etat comme l’AADL. Mais cela prend beaucoup de temps et il faut une connaissance pour faire avancer mon dossier. Si je suis ce chemin, je ne pourrais même pas me marier puisque des gens attendent depuis 10 ans la réception de leur logement. Aujourd’hui encore, les souscripteurs à l’AADL n’ont absolument rien eu. Je ne veux pas vivre le malheureux sort de ces personnes”, révèle également notre interlocuteur les yeux pleins d’émotions lorsqu’il aborde à chaque fois son cruel destin. Un destin qui semble être éternellement lié à sa quête interminable de logement. A 35 ans, Hamid, comme de nombreux jeunes de son âge, voit son existence dépendre entièrement de cette quête de Graal. Au final, toutes les routes du bonheur mène au logement. Karim, 33 ans, en est convaincu aussi.

Pour cet homme solide comme sa barque, la vie n’a aucun sens en Algérie sans logement. Impossible de se marier, impossible de recevoir des amis ou d’héberger des proches, à défaut d’un chez-soi, la vie en société est réduite à sa plus simple expression dans notre pays. “Il ne sert à rien de philosopher. Ou tu es riche ou tu ne l’es pas. C’est celle-là la véritable problématique en Algérie au regard de la cherté incroyable de l’immobilier. Moi, j’ai un bon travail et un salaire intéressant. Et pourtant, je suis condamné à rester éternellement locataire. Il m’est impossible d’acheter un appartement. Je n’en rêve même pas”, témoigne Karim au front est d’ores et déjà ridé par la déception que lui procure la question du logement.

Il faut dire que la cherté du logement en Algérie n’est nullement un mythe. D’ailleurs, en 2011,  le cabinet international Mercer Human Resource Consulting a classé Alger comme cinquantième ville la plus chère au monde. La Capitale vient juste après Dubaï et Abou Dhabi ! En Afrique, Alger est quasiment considérée comme étant la 5e ville plus chère du continent.

 

Comment expliquer un tel constat alors que la qualité de vie est de plus en plus précaire ? De l’avis de nombreux agents immobiliers, la flambée des prix des immobiliers est essentiellement due à l’absence de régulation du marché de la part de l’Etat.

 

“La régulation du marché est aux abonnés absents. Les spéculateurs imposent leur loi au détriment de toutes les lois. En plus, l’immobilier demeure le circuit de blanchissement d’argent préféré de tous les trafiquants en Algérie. C’est, d’ailleurs, ce qui explique qu’une simple villa dans la banlieue d’Alger coûte plus 400 000 euros !”, s’indigne un gérant d’une agence immobilière située à Alger-Centre.

 

Pour sa part, Mourad, un ancien cadre dans le secteur du bâtiment, pointe du doigt les courtiers qui travaillent au noir et fixent les prix à leur guise pour rafler leurs commissions. “Les agences immobilières ne sont pas soutenues par l’Etat. Ce dernier n’exige toujours au citoyen de traiter uniquement avec des agences agréées. Comment voulez-vous dans ce contexte que les transactions immobilières soient contrôlées alors qu’elles sont effectuées par des courtiers informels en toute illégalité ?”, s’interroge enfin notre interlocuteur qui persiste à croire que les autorités publiques n’ont pas réellement la volonté d’imposer la transparence sur le marché immobilier. Décidément, il y a encore trop d’intérêts et trop d’argents pour certains clans politiques puissants…


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