Le chiffre est inquiétant et le constat alarmant. Selon des chiffres avancés par Nedjadi Messeguem, inspecteur général au ministère de l’Education, ils seraient quelques 90 000 enfants à quitter, chaque année, l’école sur injonction de leurs parents. Ces statistiques, qui reflètent l’inconscience de certains parents, ne sont qu’un problème parmi tant d’autres dont souffre le système scolaire et qui nécessite une véritable stratégie de réforme, selon le responsable du ministère de l’Education.

Invité de la rédaction sur la Chaîne 3, M. Nedjadi Messeguem, inspecteur général au ministère de l’Education, a reconnu la présence de plusieurs «indicateurs alarmants et un sérieux problème pédagogique qui menace le système scolaire algérien et le niveau des élèves en général ».

Pointant du doigt l’inconscience de certains parents qui poussent leur progéniture à quitter l’école très tôt, puisque 80.000 à 90.000 élèves, parmi lesquels une majorité de filles, abandonnent l’école entre l’âge de 6 et 15 ans, l’inspecteur du ministère de l’Education ne néglige pas la responsabilité de l’école et des enseignants dans l’état de dégradation actuel. A ce propos, il a affirmé que depuis l’arrivée de la nouvelle ministre, «toutes ces questions ont commencé à inquiéter, amenant à mettre en branle une stratégie, avec l’aide d’experts universitaires et d’enseignants chevronnés, pour en cerner les raisons et élaborer des solutions ».

Reconnaissant la responsabilité de l’école qui n’a pas réussi à leur inculquer le savoir, sa mémorisation et sa restitution, M. Messeguem a souligné que chaque année 200.000 élèves quittent les établissements scolaires faute de n’avoir pas été assistés. A ce propos, il a rappelé qu’un plan national de formation a été lancé au profit des inspecteurs et des enseignants à qui va incomber la mission de reprendre et de corriger des pratiques pédagogiques inadaptées. Ce nouveau plan, assure-t-il a été «monté en prévision de l’année scolaire 2026/2017, lors de laquelle « l’évaluation pédagogique prendra désormais le pas sur l’actuel système de notation ».

Assurant par ailleurs que 20% des effectifs des CEM, 30% de ceux des lycées et 8,85% du primaire sont concernés par le phénomène du redoublement scolaire et 2,34% pour l’ensemble, victimes de déperdition scolaire, M. Messeguem a insisté sur la formation des enseignants. Il a noté, dans ce sens, que le système de recrutement des enseignants va être revu fondamentalement pour corriger les dérives observées jusqu’alors. Il fait aussi état de l’institution, en cours, d’un cahier des charges visant à remettre aux normes autant la création que le système de gestion des écoles privées.

Nourhane S. 

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