Corruption / Un scandale Sonatrach 3 à l’horizon

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Le journal australien ‘The Age » et son confrère américain « HuffPost » ont publié, hier vendredi, les résultats de leurs investigations concernant des affaires de corruption impliquant la compagnie nationale Sonatrach et plusieurs autres multinationales.

Les journalistes australiens et américains se sont penchés sur le cas de la compagnie monégasque Unaoil qui s’est révélée être une véritable mine d’informations sur les malversations qui se déroulent à un niveau international entre des compagnies publiques et privées de poids. Plusieurs documents et mails ont, en effet, été livrés à ces journalistes. Il est ressorti des investigations que plusieurs compagnies sont impliquées dans des affaires de corruption dont Sonatrach, Unaoil, Tecnicas Reunidas, Samsung et Huyndai.

De hauts responsables des multinationales sud-coréennes, Samsung et Huyndai ,ont, selon les termes de cette enquête, versé des dessous de table s’élevant à plusieurs millions de dollars à de hauts dirigeants de la Sonatrach pour obtenir des contrats en Algérie. Des sommes effarantes ont été ainsi perçues pour faciliter « l’obtention du contrat de 600 millions de dollars pour rénover la raffinerie d’Arzew, accordé à Hyundai en 2008, ainsi que celui de la modernisation de la raffinerie de Skikda, accordé à Samsung en 2009, pour une valeur totale de 1,2 milliards de dollars ».

Au centre de ces opérations de malversations, on retrouve la compagnie monégasque Unaoil qui s’est occupée de la médiation entre Sonatrach et les autres compagnies étrangères. Dans l’un des documents exploités, il est clairement démontré qu’Unaoil a mis en place un ingénieux système de fausses soumissions et ce, à travers des « lièvres ». Le géant espagnol Tecnicas Reunidas est l’un d’eux.

Les journalistes de « The Age » et ceux du « Huffpost » expliquent comment Unaoil a encaissé 16 millions de dollars pour obtenir le contact de rénovation de la raffinerie d’Arzew et celui de la modernisation de la raffinerie de Skikda. Un haut responsable de la compagnie espagnol  a été mandaté pour convaincre son employeur de jouer au lièvre et de soumettre de fausses soumissions afin que l’appel d’offre ne soit pas annulé par les autorités algériennes.

L’enquête pose les jalons d’un scandale Sonatrach 3. Peu de détails ont été fournis par cette enquête, mais il faut s’attendre à de nouvelles publications qui apporteront certainement de nouveaux éclairages sur les auteurs et les instigateurs de ces pratiques mafieuses.

Massi Mansour    

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