Renouer le dialogue et tenter de relancer le règlement de la crise du Sahara Occidental. L’envoyé spécial des Nation-unies, Christopher Ross a entamé, hier samedi, une tournée régionale pour tenter de trouver une issue à ce qui est considéré comme la dernière colonie d’Afrique.

La tournée de l’envoyé spécial de l’ONU n’aura aucun cachet particulier si la partie la plus influente du conflit, le Maroc, n’avait pas décidé, en mai 2012, de retirer confiance à Christopher Ross. Cette attitude a coûté de l’argent, mais surtout du temps. Parce que cette virée du représentant de l’institution onusienne devait se dérouler justement au début de l’été. Mais Rabat en a décidé autrement. Résultat : les Nations-Unies doivent maintenant faire des efforts supplémentaires non pas pour régler la crise, mais pour tenter de recoller les morceaux après ce nouvel épisode provoqué par le Maroc.

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Cette visite de Christopher Ross va durer plus longtemps que prévu. Elle se prolongera jusqu’au 15 novembre. Une durée durant laquelle le diplomate américain devra se rendre, en plus des pays du Maghreb concernés - directement ou pas -  par lacrise, dans certains pays européens, sensés être susceptibles d’aider à la solution de ce problème.  La virée aura pour mission de mettre « l’accent sur les échanges de vues avec les interlocuteurs-clés sur la manière d’accélérer les progrès vers l’objectif central énoncé dans les résolutions successives du Conseil de sécurité, en d’autres termes, une solution politique mutuellement acceptable, qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental », avait expliqué, le 17 octobre dernier, le porte-parole du Secrétaire général des Nations-Unies, Martin Nesirky.

Les observateurs de la question sahraouie sont cependant sceptiques. Cette énième tournée ne règlera certainement pas un conflit qui dure depuis 37 ans. Cela n’est certainement pas dû au manque de volonté de l’envoyé spécial de l’ONU, mis plutôt à la complexité de la question. La mission des Nations-Unies pour le Sahara Occidental (MINURSO) «n’est pas dans la capacité d’exercer pleinement ses fonctions de surveillance de maintien de la paix et d’observation, et ne dispose pas de toute l’autorité lui permettant d’empêcher l’érosion de son rôle», avait reconnu Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU.

Puis, malgré les multiples blocages qui se dressent devant elle, l’organisation des Nations Unies a tenu bon. Elle a d’ailleurs décidé de maintenir dans ses fonctions Christopher Ross malgré le retrait de confiance marocain.

Pendant ce temps, l’Algérie n’a pas changé de position. Elle a toujours clamé que le conflit concerne le Maroc et le Front Polisario, qui se bat pour l’autodétermination du Sahara Occidental. Mieux, Alger maintient toujours une position selon laquelle le conflit doit être réglé dans le cadre des Nations-Unies et que les relations entre l’Algérie et la Maroc doivent être construites en dehors de cette question. La position est acceptée, du moins dans le discours, par Alger et Rabat. Mais sa mise en œuvre n’est pas évidente, surtout que la Maroc ne veut toujours pas discuter sur le principe de l’autodétermination.

Essaïd Wakli