Le projet très louable lancé par l’Association des Algériens des deux rives et leurs Amis (ADRA) de rassembler des milliers de livres afin d’enrichir une bibliothèque municipale à Sidi Aïch, dans la wilaya de Bejaïa, peine à se concrétiser en raison d’un blocage inattendu et inexpliqué. Les Douanes algériennes viennent de saisir ce don composé de plus de 2000 livres et refusent de le livrer aux responsables de l’association sans qu’aucun motif convaincant ne soit avancé.

Le président d’ADRA, Yougourthène Ayad, a dénoncé une action visant à empêcher la jeunesse algérienne d’avoir accès à la culture et à l’instruction. Il a assuré qu’un don rassemblant quelque 2000 livres (contes, livres d’histoire, bandes dessinées, romans, CD et DVD ludiques), destinés à enrichir une bibliothèque municipale d’une localité de Bejaïa, a été bloqué par les Douanes algériennes sans que ces dernières ne s’expliquent pas sur les motifs. Depuis le 19 septembre dernier, en effet, les cartons remplis de livres sont entassés dans les locaux de la douane comme s’il s’agissait d’une cargaison dangereuse.

Les responsables de l’association, dont le siège se trouve à Paris, ignorent les motifs de ce blocage, surtout que ce projet a respecté, selon ces derniers, la réglementation algérienne et a eu l’aval du ministère de la Culture. «Nous avons tout fourni: la lettre de transport aérien avec la facture du transitaire, une déclaration de l’association ADRA à la préfecture et une lettre autorisant le retrait des livres par le ministère de la Culture », ont-ils souligné dans un communiqué.

« Notre but n’est pas lucratif, mais culturel. Nous avons acheminé des outils de savoir pour la jeunesse algérienne. Il n’y a rien de dangereux à cela », a précisé le président de l’association qui voit là une manœuvre visant à multiplier les obstacles sur le chemin d’ADRA afin qu’elle ne parachève pas son projet.

Plusieurs questions s’imposent à la lumière de cette affaire: pourquoi les Douanes algériennes ont-elles refusé de prendre en considération le document signé par le ministère de la Culture et qui autorise les initiateurs de cette action à récupérer leurs livres ? Que cache ce blocage ? En quoi des livres peuvent-ils être dangereux ? Aujourd’hui, les responsables de l’association attendent que ce don, auquel ont participé plusieurs donateurs, leur soit restitué afin de pouvoir participer à l’éveil de la jeunesse algérienne.

Nourhane S. 

Séquestration/ Un don de livres de l’association ADRA saisi par les Douanes algériennes
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