Pressés par la multitude d’appels à une période de transition, les partisans de Abdelaziz Bouteflika veulent s’accaparer de la proposition. Ils se déploient dans les plateaux de télévision pour expliquer que le chef de l’Etat veut lui-même une transition.

« De mon point de vue, le prochain mandat sera celui de la transition pour passer d’une étape à une autre, d’une génération à une autre », a par exemple indiqué Abdelaziz Belkhadem, un des soutiens du président sortant, lors d’une émission radiophonique diffusée ce matin sur la radio publique.

Abdelaziz Bouteflika lui-même parle dans son discours de samedi soir d’une période de transition qu’il « dirigera » lui-même. Il a indiqué qu’il « dirigera » une période de transition pour « une nouvelle étape » faite de « justice sociale » et de réponse à l’aspiration des jeunes Algériens. Abdelaziz Bouteflika, visiblement à court d’arguments, abat ainsi ses dernières cartes en prévision d’un mandat qui va être mené certainement sans lui. Avec un bilan catastrophique et une gouvernance complètement archaïque, le chef de l’Etat n’a pas trop d’arguments à donner. Il construit son mandat sur des promesses impossibles à tenir et des prévisions qui s’apparentent beaucoup plus à des chimères. Dans son discours de samedi ou dans ce qui s’apparente à un programme, le président candidat promet de faire ce qu’il n’a pas fait en quinze ans. Car, comment expliquer que l’homme qui n’a rien construit en 3 mandats peut faire l’impossible maintenant que ses capacités physiques sont diminuées.

De quelle transition parle Bouteflika ? On le saura probablement lors qu’il proposera sa « nouvelle constitution ». Mais d’ici là, l’Algérie risque de glisser vers l’inconnu.

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