Après les allusions, voici venu le temps des aveux. Le premier ministre, Ahmed Ouyahia, vient de lâcher une bombe d’une extrême puissance : l’Etat est au bord de la faillite et si ce n’était le recours à la planche à billets, le trésor public n’aura même pas de quoi payer les fonctionnaires lors du mois de novembre et décembre.

«Sans cette solution, qui permettra le recours au financement interne non conventionnel, nous n’aurions pas de quoi payer les fonctionnaires dès novembre prochain», aurait ainsi avoué le Premier ministre devant les chefs des partis de l’Alliance présidentielle. Les propos du Premier ministre ont été rapportés par le Soir d’Algérie dans son édition de mercredi.

Il y a quelques jours, Ahmed Ouyahia a également indiqué que «sans l’adoption de la nouvelle loi sur la monnaie et le crédit, nous aurions de graves problèmes en novembre ou décembre. Maintenant, la crise est derrière nous », avait-il avoué en réponse aux critiques de l’opposition.

Le recours à la planche à billet a été décidé suite à l’épuisement de toutes les réserves dont dispose le pays. Le déficit budgétaire était comblé auparavant par le Fond de régulation des recettes. Mais cette caisse, dans laquelle le ministère des finances mettait l’excédent des recettes fiscales provenant de la vente du pétrole, est épuisée depuis février dernier. Le gouvernement devra donc trouver au moins 20 à 30 milliards de dollars chaque année. Une solution qui peut donc régler le problème dans l’immédiat mais qui causera, à court terme, une inflation endémique.

Rania Aghiles