Ce n’est pas en niant un problème qu’on le règle. Cela peut être dit au Ministre des Affaires religieuses et des wakfs, Bouabdallah Ghlamallah, qui a affirmé lundi, depuis Ghardaia, alors qu’il accompagnait le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui effectuait une visite sur les lieux, qu’il n’y a aucune «mésentente» entre les ibadites (mozabites) et malékites (arabes).

Les événements qu’ont connus plusieurs localités de cette wilaya, depuis le mois de novembre, et plusieurs fois auparavant, démontrent tout l’inverse. Les échauffourées qui ont eu lieu, opposaient pourtant les deux communautés. Cette fois-ci les choses se sont aggravées avec des accusations de dépassements émises par des représentants de la société civile mozabite à l’endroit des éléments des services de sécurité. Selon eux, les policiers se sont rangés du côté des «arabes».

Si la situation est jusque là maîtrisée, rien ne dit que les choses ne s’aggraveront pas dans l’avenir d’autant plus que les autorités ont montré, à maintes reprises, une «incapacité» à gérer comme il se doit ce dossier. La proposition faite par le Premier Ministre d’installer un «conseil de sages» a été rejetée par les Mozabites.

Le problème est plus complexe qu’un simple débordement ponctuel. Alors que la wilaya est le théatre de nombreuses violences ces derniers mois, le Ministre des affaires religieuses affirme qu’il n’y a aucun problème d’ordre ethnique ou religieux dans cette région. «Ghardaïa est une ville qui a toujours été un modèle de cohabitation et d’entente entre les doctrines malékite et ibadite, grâce aux savants et ulémas des deux communautés qui ont contribué à l’enrichissement de cette cohabitation et à son orientation dans la bonne direction», a-t-il déclaré avant d’ajouter : «Connue pour la richesse et la diversité de son tissu social, linguistique et culturel, l’Algérie est toujours restée à l’abri de toutes formes de conflits ethniques ou de querelles doctrinales ou fanatiques dont certaines sociétés du Machreq avaient déjà souffert». Les responsables algériens semblent nier les problèmes présents dans la société.

Elyas Nour

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