Les islamistes qui ont déposé plainte contre le Général Khaled Nezzar sont déçus. Ils ont été déboutés. Le Ministère public de la Confédération suisse (MPC) a conclu que « les faits reprochés à l’ancien ministre de la Défense ne pouvaient être qualifiés de crimes de guerre, au motif qu’il n’y avait pas de conflit armé en Algérie au moment des faits ».

En réponse, Trial International, l’ONG qui avait dénoncé Khaled Nezzar aux autorités suisses, juge cette décision de classement « incompréhensible et soutient le recours des parties civiles devant le Tribunal pénal fédéral (TPF) », précise un communiqué de cette organisation rendu public mercredi matin. L’ONG compte faire appel.

«Nous avons déposé recours devant le Tribunal pénal fédéral à Bellinzone. Il est en effet inexplicable que le MPC ait enquêté pendant cinq ans, interrogé une quinzaine de témoins et soit allé jusqu’à adresser une Commission rogatoire internationale à l’Algérie sans jamais mettre en doute l’existence d’un conflit armé, avant de brusquement conclure à son absence», explique Me Pierre Bayenet, l’un des avocats des parties civiles.

« La raison invoquée pour classer l’affaire est un véritable camouflet pour toutes les victimes de torture de la sale guerre. Elles ont vécu cette guerre dans leur chair et nier son existence, c’est leur faire une nouvelle fois violence », a déclaré à l’ONG Me Damien Chervaz, un autre avocat des parties civiles.

Trois plaignants, connus pour être proches du FIS (Front islamique de Salut) ont déposé plainte, en 2011, contre Khaled Nezzar alors qu’il se trouvait en Suisse. Les trois Algériens reprochent à l’ancien ministre de la Défense de la « torture ». Le général à la retraite rejette tout en bloc.

Essaïd Wakli

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