Décidément, tous les moyens sont bons pour détourner et transférer illicitement des devises à l’étranger. Le lobby des importateurs fraudeurs et la mafia du marché parallèle des devises innovent pour trouver les procédés les plus ingénieux afin de transférer illicitement des Euros ou des Dollars à l’étranger. Et cette fois-ci, à Oran, un importateur véreux est allé jusqu’à importer de vieux chevaux… d’une valeur de 40 millions de dollars ! 

Oui, 40 millions de dollars pour importer 15 chevaux prétendument de race et destinés aux courses. Cette opération d’importation aurait été exécutée au niveau de l’agence bancaire de Natixis Algérie à Oran, selon des sources bien informées. L’importateur véreux a présenté ses factures en déclarant que les prix de ces chevaux est de 40 millions de dollars. Cependant, aucun certificat vétérinaire n’a été présenté pour prouver les origines et aptitudes  de ces chevaux importés. Les responsables de cette agence bancaire ont facilité avec une légèreté déconcertante le paiement de cette opération d’importation pour le moins suspecte. Et au Port d’Oran, les doutes vont vite se confirmer lorsque les inspecteurs des douanes algériennes vont examiner les chevaux en question. Il s’est avéré qu’il s’agissait de chevaux âgés aucunement aptes aux courses ! Les douaniers algériens ont découvert qu’il étaient plutôt destinés… à l’abattoir.

Ces animaux ne pouvaient en aucun cas valoir 40 millions de dollars. Les douaniers ont débusqué ainsi une opération d’importation frauduleuse. L’opérateur impliqué a établi de faux documents administratifs pour transférer les 40 millions de dollars. Cet opérateur est, désormais, poursuivi en justice par les Douanes algériennes. Ceci dit, la Banque d’Algérie n’a adopté aucune mesure conservatoire à l’encontre de cet importateur véreux. Une attitude extrêmement étonnante de la part de la Banque d’Algérie puisque l’article 8 de l’Ordonnance 96-22 du 09 juillet 1996, relative à la répression des infractions à la législation des changes et des mouvements de capitaux vers l’étranger contraint la Banque Centrale de suspendre tout importateur véreux de toute opération de commerce extérieur, en attendant que la justice tranche sur son cas. Mais aucun article de cette législation n’a été utilisé par la Banque d’Algérie qui observe une passivité sidérante face à ces opérateurs et importateurs fraudeurs. De son côté, le DG de Natixis Algérie a fait savoir dans une déclaration à Algérie-Focus que son agence bancaire à Oran n’a aucunement traité cette affaire d’importation. A en croire notre interlocuteur, sa banque n’a été guère sollicitée pour une remise documentaire pour payer l’importation de 40 chevaux de race. Il juge ses accusations « infondées » et « diffamatoires ». Soulignons enfin que, pour notre part, nous n’avons pas incriminé la filiale algérienne de cette banque française.  Nous avons uniquement soulevé des interrogations légitimes au sujet de la passivité des banques algériennes face à ces opérations d’importation douteuses.