Et si l’image des arabes relayée par les films holywoodiens avait impacté sur la vision du monde ? Cette question, le professeur Jack Shaheen se l’est posée et a voulu trouver une réponse. Il en est arrivé à la conclusion que les arabes étaient la population la plus dénigrée dans le cinéma holywoodien, depuis les premiers pas du 7e art à aujourd’hui. 

Avez-vous souvenir d’un film américain dans lequel un personnage arabe a un bon rôle. Pas le principal, n’allons pas jusque là mais un personnage sympathique, à l’allure d’un héros ? Il semblerait que ce soit difficile, car “l’arabe” chez Holywood reste et restera toujours un personnage  connoté négativement. Jack Shaheen, professeur à l’université de sud de l’Illinois a visionné plus de 1000 films pour étudier le cinéma holywoodien et son traitement des personnages d’origine arabe. Il fait un constat affligeant dans un documentaire diffusé dans l’émission canadienne “Zone Doc”.

“Les arabes y sont décrit comme des brutes sanguinaires, des terroristes qui veulent s’attaquer aux braves occidentaux”, explique d’emblée le présentateur pour introduire le propos de Jack Shaheen. “Depuis 30 ans je m’intéresse à l’image des arabes dans les films”, explique Jack Shaheen, également l’auteur du livre “Real bad arabs”. Dans la plupart des films la même image revient “l’arabe haineux qui dépouille l’humanité”.

“Les arabes forment le groupe ethnique le plus dénigré de l’histoire du cinéma holywoodien” depuis l’époque du muet aux blockbusters d’aujourd’hui reconnaît même Jack Shaheen. Même les films d’animation pour enfants recèlent les pire clichés sur les arabes, reconnaît le professeur Shaheen, qui cite le dessin animé Aladin, dans lequel il remarque des idées reçues, qui ne passeraient nul part ailleurs à part dans le cinéma américain… Il reconnaît mêmes que certaines scènes dégradantes sont introduites spécialement pour les arabes alors qu’elles n’ont rien à voir avec le Moyen-Orient” comme dans le célèbre film Gladiator, dans lequel on voit des esclavagistes arabes capturer Russell Crowe.

L’image de l’arabe figée depuis un siècle

Il relève les nombreux clichés que l’on retrouve dans le cinéma américain : danseuses du ventre, arabes armés de sabres, coupeurs de main, tapis volants… Bref un imaginaire qui n’a jamais réellement évolué. “Les années passent mais les pays ne changent pas” soulève le spécialiste américain. L’exemple le plus flagrant est celui des femmes arabes “sont confinées au rôle de la danseuse arabe, symbole d’intrigue et de passion ou bien en tant que femme soumise tapie dans l’ombre.” “Plus les femmes arabes s’épanouissent et plus holywood les enferment dans leur carcan”, déplore le professeur.

Par ailleurs notre spécialiste reconnaît que le personnage arabe, s’il n’apparaît pas en tant que “méchant” de l’histoire, il est utilisé comme “faire-valoir” ou “comique de service”. La caricature est poussée jusqu’à faire passer les arabes pour des idiots.

Visionner le documentaire :