Malgré les discours rassurants sur la gestion de l’islam radical, la réalité démontre chaque jour le contraire. Ainsi, selon l’aveu du ministre des Affaires religieuses lui-même, pas moins de 139 écoles et salles de cours « coraniques » échappent complètement au contrôle de l’Etat.

« Ces écoles sont crées un peu partout dans le pays. Mais elles ne détiennent aucune autorisation. Un décret de 1984 exige la signature d’une autorisation du ministère des Affaires religieuses avant la création de chaque école. Or, ni moi ni mon prédécesseur n’ont signé un quelconque document dans ce sens », a ainsi indiqué Mohamed Aïssa dimanche matin sur les ondes de la chaîne 3 de la radio nationale.

Le ministre des Affaires religieuses et des Waqfs précise que les responsables de ces écoles doivent faire connaître leur programme et les enseignants qui y travaillent afin de « prémunir » les enfants du discours radical. Pour lui, ceux qui travaillent dans ces établissements doivent adopter un discours conforme « au référent religieux national ». Or, il se trouve, selon le ministre, qu’en plus des salafistes, des chiites et des adeptes d’autres religions ont créé des écoles un peu partout dans le pays.

Il n’y a pas que les écoles coraniques qui échappent au contrôle de l’Etat. Les salles de prières créées dans les universités, résidences universitaires ainsi que dans des entreprises publiques ou privées ne sont pas non plus sous contrôle. Le ministre a rappelé que cette situation est née lorsque des ministres du gouvernement n’ont pas « partagé pas sa vision pour la création d’un observatoire contre la radicalisation.

Parmi les groupes « sectaires » qui menacent la sécurité du pays, Mohamed Aïssa a cité une nouvelle variante de salafisme qui appelle les Algériens à aller faire «le jihad » et « défendre la ville de Benghazi ». Le ministre demande aux responsables politiques de lutter contre ce genre de groupes.

Essaïd Wakli

Affaires religieuses/ Ces 139 écoles coraniques qui échappent au contrôle de l’Etat
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